28 novembre 2009
Présentation du blog et du blogger
INFORMATION A TOUS LES VISITEURS DE CE BLOG :
Vous êtes nombreuses et nombreux à avoir fait vivre ce blog au travers de vos visites et de vos témoignages, soyez en remerciés comme il se doit. Pour moi, vous n'êtes pas des "simples visiteurs" de blog, vous êtes des amis et je vous propose de continuer l'aventure ensemble, sur deux autres blogs (voir les liens ci-dessous).
En effet, assurer la publication simultanée sur 3 blogs devient de plus en plus ardu et, de facto, je choisis librement de clôturer mon blog sur Canalblog pour me consacrer aux 2 réseaux sociaux que sont Facebook et MySpace.
J'espère vous retrouver très vite sur l'un et/ou l'autre de ces 2 blogs car votre regard et vos apports me sont essentiels.
Merci à toutes et tous et n'oubliez pas de cliquer sur les liens ci-dessous.
A bientôt !
Et gardez à l'esprit cette phrase de Michel Onfray :
"L'avenir de chacun réside dans son vouloir et sa résistance à l'endroit de ce qu'on veut qu'il soit socialement, à l'exclusion de tout autre dessein".
Quoi de neuf sur le blog ?
A l'actualité :
Anges et Démons...dérives possibles.
Je l'aimais
Casse toi, pauvr' arme !
Et la mer et l'amour ont l'amer pour partage
Into the Wild
Je suis venu te dire que je t'attends
Transgresser les règlements : est-ce être immoral?
Outreau : une simple "réprimande pour le juge Burgaud
L'Ego en habit de Personne
Vingt-six lettres...
Humanisme du petit vendredi
Etre ensemble sans se confondre
Du petit mensonge à la mythomanie
Il faut aussi rêver sa révolution, pas seulement la construire
Rencontres sur internet : l'amour en révolution
Surprenante et envoûtante Zoé...
J'ai perdu tout le temps que j'ai passé sans t'aimer...
Comment sait-on qu'on aime ?
Les Aborigènes d'Australie
Autres articles récents:
Une philosophie de cour de récréation (Chronique de Michel Onfray)
Confiance en l'autre
Les impôts...une histoire interactive pour comprendre
Je n'oublie pas
Internet : le bouc-émissaire facile
De la rélexion sur certains microcosmes îliens...
Platon et son ornithorynque entrent dans un bar
Benoît XVI ou la honte de la réhabilitation des intégristes négationnistes
La première fois
Jalousie entre ami(e)s
L'Homme Véritable : qu'en pensez-vous?
Le Testament de l'Initié - Rudyard Kipling
La Grande Loge de France
Une longue absence
Les sourires de Zoé
Risquer, c'est être libre
Détour par l'Australie
On me dit qu'il y a des amours impossibles...par Jacques Salomé
sans oublier de voter et de laisser un commentaire sur le sondage ci-après concernant les amours dites "impossibles".
Déjà entendu parler des "amours dites impossibles"? Vous en avez vécu une? Vous voulez témoigner?
Rien de plus simple, il vous suffit de voter dans le sondage ci-après et surtout de laisser un commentaire (cliquez sur "Ecrire" tout en bas à droite du sondage).
Merci de vos contributions!
"Celui qui se perd dans sa passion est moins perdu que celui qui perd sa passion."
Saint-Augustin
Anges et Démons...dérives possibles.
"Anges et Démons", l'adaptation au cinéma du livre de Dan Brown (auteur du "Da Vinci Code"), est sorti au niveau mondial le 13 mai. Son intrigue conspirationniste attirera très certainement les spectateurs, mais pour certains ce film risque de faire passer les élucubrations d'un romancier pour des certitudes historiques.
Le roman et son adaptation au cinéma par Ron Howard raconte la lutte, de nos jours, entre les Illuminati, une société secrète dont la création remonterait à la Renaissance, et l'Eglise catholique. Dan Brown explique que le grand scientifique Galilée et l'artiste baroque Bernini auraient figuré parmi les adeptes des Illuminati, dont les membres auraient été "expulsés de Rome par le Vatican et pourchassés sans merci". D'où leur vengeance, 400 ans après.
Dan Brown s'est inspiré de différentes "théories du complot" qui présentent les Illuminati comme une mystérieuse "élite parmi l'élite" dont le but serait d'infiltrer les réseaux de pouvoirs pour créer un "nouvel ordre mondiale" fondé sur un humanisme séculier.
Des théories, très répandues sur le Net, qui se basent sur l'interprétation de signes cachés dans les livres d'histoire, mais aussi dans notre vie quotidienne. Par exemple, la pyramide et l'œil dessinés sur le billet de un dollar américain, symboles Illuminati, seraient la preuve que la société secrète avait infiltré les plus hautes sphères du pouvoir dès les années 40.
Vivement critiqué pour avoir déformé la réalité historique, Ron Howard, le réalisateur d'"Anges et Démons", s'est défendu dans le "Huffington Post" en affirmant que "le film ne prétendait pas être plus qu'une fiction". Il a ajouté que "si les fictions ne pouvaient pas prendre certaines libertés avec la réalité, il n'y aurait eu ni 'Ben-Hur', ni 'Barabbas', ni 'La tunique', ni 'Autant en emporte le vent' ou 'Titanic'". Sur son site officiel, Dan Brown est plus ambigüe (voir les extraits plus bas).
Le film de Ron Howard surfe donc sur la vague des théories du complot. Et son film pourrait trouver un écho particulièrement important en cette période de crise économique et de peur d'une pandémie de grippe A (H1N1). Un blogueuse francophone n'accuse-t-elle pas les Illuminati d'avoir déclenché l'épidémie ?
Ce genre de livres et de films, comme Da Vinci Code, permettent à tous les adeptes du "grand complot" de trouver enfin une explication à leurs peurs irrationnelles, et favorisent tous les amalgames possibles : de l'astrologue charlatan jusqu'aux rites initiatiques, en passant par la Franc-Maçonnerie, tout est, de fait, mis dans le même panier sans aucun discernement.
Or il est plus que jamais nécessaire de rappeler une réalité intangible, authentique et vérifiable de notre histoire contemporaine : les Francs-Maçons ont été grandement victimes de la "chasse aux sorcières" ayant pris corps pendant le régime nazi. On sait qu'Hitler était passionné par l'ésotérisme et les sciences occultes et était persuadé que les F:.M:. disposaient de secrets immenses. Aussi, avec l'aide des autorités françaises de l'époque, ne l'oublions pas, la chasse aux Francs-Maçons s'engagea dans tout le pays.
Alors amalgamer des obédiences initiatiques à des charlatans ou des illuminés est très dangereux pour l'opinion publique, cela peut faire rejaillir des haines certainement mal étouffées encore de nos jours.
Que chacun soit prudent sur ce terrain là...
18 mai 2009
Je l'aimais
Toute la force et la puissance d'un film se situent dans sa capacité à nous faire nous reconnaître, pauvres humains fragiles et mortels que nous sommes, au travers de nos expériences de vie.
Ce film est sans conteste un vrai révélateur pour ce qui me concerne, je me reconnais, j'ai vécu une histoire assez proche, et c'était, sans aucune ombre possible, le meilleur moment de ma vie.
Elle m'a rendu heureux, elle ne s'appelle pas Mathilde, mais qu'importe le prénom...Deux coeurs battirent à l'unisson l'espace d'un temps, c'est aussi beau que le 1er jour du monde.
Je l'aimais, oui, et je l'aime encore.
12 mai 2009
Casse toi, pauv' arme !
En ce jour de commémoration et de souvenir, les contribuables français ont eu droit, une fois de plus, et grâce à TF1 bien sur, à une leçon d'économie en direct sur le thème : "mais où passe notre argent qui manque tant à notre pays?"
La réponse est on ne peut plus claire : nous avons vu en direct quelques milliards d'euros en pleine démonstration au milieu de la Méditerranée, sous les yeux ébaubis de not' Président, de son 1er Ministre et de son Ministre de la Défense. Oui, des milliards d'euros sous nos yeux, avec bien sur l'alibi vertueux de la journée : des collégiens triés sur le volet et participant à cette grande bouffonnerie qui n'a d'autre but que d'essayer de "fourguer" notre si merveilleux arsenal de mort à des pays "amis" (ou ennemis, quand il est question d'argent, nos dirigeants ne sont pas si regardants à vrai dire).
Que voulez-vous, not' pauvre Dassault national n'arrive pas à vendre ses Rafale, il lui faut bien un peu de pub...puis c'est un (des nombreux) pote de not' Président, comme ceux qu'il fait nommer en ce moment-même dans des entreprises, des banques, des radios,des chaînes de télé, etc.
Et dire que des pov' innocents ignares comme moi continuent de penser que l'ensemble du coût de l’arsenal nucléaire français de 1945 à 2010 est estimé à 228,67 milliards d’euros (source livre "Audit atomique" de Brunot Barillot du centre de Documentation et de Recherche sur la Paix et les Conflits). Le coût de l’arme nucléaire en France est estimée à 1,52 million d’euros par heure. (vous avez bien lu)
Nos braves collégiens embarqués sur ce bateau de guerre auraient peut-être préféré que ces sommes qui donnent le vertige soient affectées à l'éducation nationale et à l'aide aux étudiants, afin qu'au dogme de la "dissuasion nucléaire" succède celui du "plus un seul étudiant ne devrait être obligé de travailler pour financer ses études, son logement, sa nourriture".
Mais pour cela il faudrait du courage, que ni la gauche ni la droite n'ont eu et n'auront probablement jamais : en finir avec le lobby militaro-industriel et pétrolier, faire que l'avenir de nos enfants et de leurs futurs enfants soit plus que jamais une priorité intergénérationnelle, obligatoire, inscrite dans la constitution.
Allez chiche? Pari perdu d'avance...
Mais bon inspirons-nous d'Edouard Herriot qui disait : "Une utopie est une réalité en puissance" et rêvons!
08 mai 2009
Et la mer et l'amour ont l'amer pour partage
Et la mer et l'amour ont l'amer pour partage,
Et la mer est amère, et l'amour est amer,
L'on s'abîme en l'amour aussi bien qu'en la mer,
Car la mer et l'amour ne sont point sans orage.
Celui qui craint les eaux qu'il demeure au rivage,
Celui qui craint les maux qu'on souffre pour aimer,
Qu'il ne se laisse pas à l'amour enflammer,
Et tous deux ils seront sans hasard de naufrage.
La mère de l'amour eut la mer pour berceau,
Le feu sort de l'amour, sa mère sort de l'eau,
Mais l'eau contre ce feu ne peut fournir des armes.
Si l'eau pouvait éteindre un brasier amoureux,
Ton amour qui me brûle est si fort douloureux,
Que j'eusse éteint son feu de la mer de mes larmes.
04 mai 2009
Into the Wild
Une quête initiatique qui passe de la re-naissance à la mort, au travers des différentes étapes de la vie ainsi miss en scène, une superbe connaissance de soi, un rapport au monde et à l'Autre qui ne peut que toucher, d'autant plus que c'est une histoire vraie.
Un film à mettre dans tous les yeux, en n'oubliant pas sa "morale" : le bonheur n'est réel que s'il est partagé.
03 mai 2009
Je suis venu te dire que je t'attends
Je mettrai mon coeur dans du papier d'argent,

Mon numéro d'appel aux abonnés absents.
Mes chansons d'amour resteront là dans mon piano.
J'aurai jeté la clé du piano dans l'eau.
J'irai voir les rois de la brocante.
"Vendez mon coeur trois francs cinquante."
Tu savais si bien l'écouter
Que ma vie s'est arrêtée
Quand tu m'a quitté.
Je voulais te dire que je t'attends
Et tant pis si je perds mon temps.
Je t'attends, je t'attends tout le temps
Sans me décourager pourtant.
Comme quelqu'un qui n'a plus personne
S'endort près de son téléphone,
Et sourit quand on le réveille
Mais ce n'était que le soleil.
L'autre jour, j'ai vu quelqu'un qui te ressemble
Et la rue était comme une photo qui tremble.
Si c'est toi qui passe le jour où je me promène,
Si c'est vraiment toi, je vois déjà la scène.
Moi je te regarde
Et tu me regardes.
Je voulais te dire que je t'attends
Et tant pis si je perds mon temps.
Je t'attends, je t'attends tout le temps,
Ce soir, demain, n'importe quand.
Comme quelqu'un qui n'a plus personne
S'endort près de son téléphone
Et qui te cherche à son réveil,
Tout seul au soleil, j'attends.
Je voulais te dire que je t'attends.
Si tu savais comme je t'attends!
Je t'attends, je t'attends tout le temps.
Quand seras-tu là? Je t'attends.
Si tu savais comme je t'attends!
Je t'attends, je t'attends tout le temps.
Je voulais te dire que je t'attends.
01 mai 2009
Transgresser les règlements : est-ce être immoral?
Vous n'avez pas forcément raison d'être rebelle ou mauvais citoyen, mais l'accusation d'immoralité - "attention, ce n'est pas bien!" - est déplacée.
Vous avez un problème avec le droit. Or le droit n'est pas la morale. Le droit n'est que général, la morale vise l'Universel.
Les règles ou les lois sont faites pour permettre la vie ensemble d'un certain nombre d'individus à un moment donné. La distinction morale entre le Bien et le Mal est censée s'appliquer de tout temps à tous les individus. Mais surtout : on ne peut pas juger de la moralité ou de l'immoralité d'un comportement depuis l'extérieur. Seul celui qui agit sait, de l'intérieur, s'il a agi en voulant faire le Bien ou non. La morale dépend de la qualité de l'intention. Personne ne peut savoir - de l'extérieur - quelle était votre intention lorsque vous avez enfreint la loi.
Kant a bien montré que la grandeur du comportement moral tenait à sa liberté intrinsèque : c'est lorsque ma volonté de faire le Bien est vraiment mienne, lorsque, donc, je n'obéis qu'à moi en voulant faire le Bien, que je suis un être moral.
Ainsi, la simple présence d'un pouvoir de contrainte (par exemple, la police dans les rues de la ville) censé faire respecter les lois et d'un pouvoir de sanction en cas de désobéissance (la justice) prouvent déjà que le droit n'est pas la morale, puisque c'est de l'extérieur que nous sommes invités au respect des lois. Vous pourrez bien sûr ajouter que, souvent, dans l'histoire des hommes, certains ont désobéi aux lois au nom de la morale, comme par exemple les résistants français, ou tous ceux que Camus nomme les "hommes révoltés". Et conclure alors sur cet étrange paradoxe que votre question permet de mettre au jour : notre civilisation nous demande d'obéir aux lois, la plupart du temps pour des raisons non morales (habitude, conformisme, peur de la sanction, intérêt bien compris, etc.), mais aussi de savoir leur désobéir, lorsque, vraiment, elles sont inadmissibles, dans un sursaut moral.
D'où cette question cruciale : comment maintenir la possibilité d'un tel sursaut moral au coeur d'une obéissance quotidienne aux lois, qui, par son automatisme, son caractère non questionné, risque d'endormir notre sens moral? Et cette question conséquente, qui vous fera peut-être plaisir : qui aura le plus de chance de maintenir en lui la possibilité d'un tel sursaut moral devant des lois inhumaines? Celui qui est plutôt rebelle, qui a, comme vous, "un problème avec le respect des lois"? Ou celui, légaliste, qui y obéit sans se poser de questions?
PS : Merci à Philosophie Magazine
28 avril 2009
Outreau : une simple "réprimande" pour le juge Burgaud (Nouvel Obs)
Le Conseil supérieur de la magistrature a relevé "un certain nombre de négligences, maladresses et défauts de maîtrise" de la part du juge Burgaud, sanctionné pour son instruction du désastre judiciaire d'Outreau. La "réprimande avec inscription au dossier" est la plus basse des neuf sanctions possibles.
Fabrice Burgaud a demandé au CSM de lui "rendre son honneur" (Sipa)
Le Conseil supérieur de la magistrature (CSM) a infligé au juge Fabrice Burgaud une "réprimande avec inscription au dossier", c'est-à-dire la sanction la plus basse possible, selon la décision de l'instance disciplinaire rendue publique vendredi 24 avril. Le juge est sanctionné, pour son instruction du désastre judiciaire d'Outreau.
Cette annonce officialise des informations provenant de source proche du dossier.
La "réprimande avec inscription au dossier" est la plus basse des neuf sanctions possibles.
Avant même l'annonce officielle, le magistrat avait fait savoir qu'il déposerait "certainement" un recours devant le Conseil d'Etat.
"Négligences, maladresses et défauts de maîtrise"
Le CSM relève dans sa décision "un certain nombre de négligences, maladresses et défauts de maîtrise dans la conduite de l'information" par le juge Burgaud.
"Leur accumulation constitue en l'espèce un manque de rigueur caractérisée (...) et en conséquence, un manquement par M. Burgaud aux devoirs de son état de juge", estime le CSM.
Le juge Burgaud devient ainsi le seul à "payer" pour le drame judiciaire d'Outreau. Il avait instruit cette affaire de pédophilie en 2001-2002, au tribunal de Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais), alors qu'il sortait de l'école de la magistrature. Le procès s'était soldé par l'acquittement de 13 des 17 accusés, dont certains ont passé des années en détention. L'un des prévenus s'est suicidé en détention.
Seul à "payer"
Outre le juge Burgaud, le procureur de Boulogne Gérald Lesigne a lui aussi dû s'expliquer devant le CSM, en 2008. Il n'a cependant fait l'objet d'aucune sanction, ayant simplement été muté à Caen par la Chancellerie.
Le ministère de la Justice, qui avait traîné le juge devant ses pairs en lui reprochant son "manque évident de rigueur et d'impartialité", avait réclamé son exclusion d'un an maximum de la magistrature, une sanction équivalant au sixième degré de gravité sur neuf.
Recours
L'un des avocats du juge Burgaud, Me Jean-Yves Dupeux, a assuré que le juge Burgaud déposera "certainement" un recours devant le Conseil d'Etat, instance qui déciderait en dernière ressort, statuant sur le fond du dossier.
"Je ne voyais dans le dossier aucun élément susceptible de justifier une condamnation de M. Burgaud", a dit Me Dupeux, selon qui le choix d'une réprimande est "une décision absurde de compromis, issue de pressions politiques".
"Soit il y a faute du juge Burgaud et c'est grave; soit il n'y a pas faute et il faut en tirer les conséquences", a-t-il expliqué.
Cette décision, a-t-il aussi estimé, "est grave pour l'avenir car elle crée une jurisprudence très dangereuse en permettant au pouvoir politique de menacer un juge du siège s'il n'agit pas comme on veut".
Excuses de Chirac
Le CSM a en tout cas pris le risque de donner au juge Burgaud l'image d'un "bouc émissaire", alors que le dossier a aussi révélé de nombreux autres ratés, aussi bien chez les supérieurs du jeune magistrat, que chez certains avocats commis d'office, négligeant leurs clients.
Cette affaire avait contribué à miner la confiance des Français dans leur justice, au point de susciter une commission d'enquête parlementaire et d'inciter le président Jacques Chirac lui-même à présenter des excuses aux innocentés, dont certains ont passé jusqu'à trois ans derrière les barreaux.
23 avril 2009
De la réflexion sur certains microcosmes îliens...
Il existe, dans notre société actuelle (je parle bien du XXIème siècle), quelques microcosmes géographiques aux moeurs, coutumes et idéologies que je qualifierais de "spéciales" et surtout dignes dans les meilleurs des cas du XIXème (siècle, pas arrondissement), dans le pire du Moyen Age.
Il est ainsi de certaines îles françaises où nous pouvons mettre en avant quelques "comportements", "attitudes", "façons de penser" et également actions concrètes hors de toute contingence républicaine et, pire que tout, totalement "oubliés" des services compétents de l'Etat.
Sans faire de liste à la Prévert, citons juste :
- la consanguinité, avec tout ce que cela comporte de conséquences étudiées par des spécialistes bien plus au fait que votre interlocuteur;
- la "schizophrénie" illustrée par un exemple parmi
d'autres : sur certaines de ces îles, il est de "bon ton" de se
réclamer de la continuité territoriale (Europe, Etat, Conseil Régional,
Conseil Général, etc.) quand il y a de l'argent à la clé, tout en
tenant en parallèle un discours opposé sur les lois de la république
(par exemple la loi littorale que certains ne souhaitent pas voir
appliquée), sous prétexte de l'insularité!
Allons bon! La loi littorale serait un handicap pour les îles? Nous sommes priés de le croire, sans rire, bien sur!
Ah c'est sur que les culbutes financières monstrueuses réalisées sur
la vente de parcelles de terrain à des allogènes constituaient, jusque
alors, avec le tourisme, la principale source d'économie de ces îles
(sans omettre une économie "parallèle" basée sur le travail au
noir...je connais certaines îles où des maçons ne travaillent dans
aucune entreprise de maçonnerie mais gagnent très bien leur vie
néanmoins, sans avoir d'autre activité déclarée à côté...étonnant, non,
aurait susurré Pierre Desproges).
Bizarrement certaines parcelles sont quant à elle "préemptées" pour la
famille, existante ou à venir, et à des tarifs bien en deçà du
marché...Tant qu'on peut s'engraisser sur l'allogène, pourquoi hésiter?
- la rumeur et la calomnie...ah voilà sans doute l'un des
fléaux les plus endémiques à certaines îles, d'autant plus que la
consanguinité (il suffit de prendre l'annuaire de certaines îles et de
regarder la récurrence de certains noms de famille, par exemple) vient
jouer un rôle de "solidarité" et de soutien, surtout contre l'allogène
(et oui, encore ce maudit envahisseur dont on veut bien de son argent
comme touriste ou pigeon pour acheter une parcelle et/ou une maison
habitée 2 mois par an, mais pourvu qu'il ne touche pas et surtout ferme
sur les yeux sur le reste...quant à penser épouser quelqu'un de l'île,
alors là, en certains endroits, même l'apartheid ferait presque figure
de régime démocratique!).
Ces ragots de caniveaux vont jusqu'à propager non seulement des
informations et/ou des rumeurs infondées, mais pour certains même
jusqu'à aller se plaindre aux autorités locales (fort complaisantes)
sur des faits complètement inventés et/ou erronés.
En résumé on est déjà coupable avant même d'avoir dit le moindre mot...curieux comme réaction, mais très révélateur ceci dit!
Après le constat, certes sans complaisance, mais nullement exagéré (il y a des preuves), que faire ?
Rétablir la loi républicaine sur ces îles comme pour n'importe
lequel des citoyens lambda de la France, donc, pour être concret, que
les institutions comme la Direction du Travail, l'Urssaf, le Trésor
Public et les Impôts, l'Assédic (enfin Pôle Emploi désormais) et tous
les financeurs qui crachent au bassinet fassent un vaste audit sur ces
lieux et rétablissent l'ordre au plus vite, et que ces îles fassent un
choix : on ne peut avoir en même temps "le beurre, l'argent du beurre
et la fille de la crémière de surcroît".
Qu'elles s'attellent, et au plus vite, à développer une économie stable
et saine, basée sur d'autres activités que le tourisme, le travail
dissimulé et des locations saisonnières entre particuliers (à des prix
prohibitifs et non déclarés pour un grand nombre).
Mais ont-elles vraiment envie d'attirer des investisseurs et des entrepreneurs? On est en droit de se poser la question...
Car, et la crise économique le met bien en exergue, l'injustice et l'inéquité/inégalité devant les lois républicaines sont surement ce qui agace le plus nos concitoyens.
Je ne citerai aucun nom d'île en particulier, parce qu'elles ne méritent pas qu'on leur fasse de la publicité mais il y a à la disposition de qui le souhaite, en cherchant un tout petit peu, tout un tas d'éléments factuels et chiffrés (et surement connus de décideurs politiques bien silencieux et peu enclins à faire bouger les choses, soit par parce que leur seule ambition sérieuse est d'être réélus, et/ou parce qu'ils viennent en vacances sur ces îles et/ou y possèdent une résidence secondaire).
Peut-être qu'une campagne de presse bien documentée et solidement étayée pourrait faire bouger un peu les choses ?
A réfléchir...
Aparté final : à la lecture de mon article certain(e)s pourraient penser que je vise plus particulièrement, par exemple, la Corse.
Non pas que la Corse ne soit pas concernée, mais c'est enfoncer une porte ouverte que de le dire à propos de la Corse.
Non, non, là je parle d'îles qui ne sont ni sous les tropiques, ni
en Méditerranée et que les touristes qui y séjournent quelques jours
par an voient comme des lieux quasi paradisiaques...
Seulement, gardons à l'esprit, que certaines "attitudes de façade"
affichées pendant les saisons touristiques cachent le reste de l'année
autant de choses qu'un décor de western en carton pâte. C'est clinquant
en apparence, beaucoup moins reluisant quand on regarde derrière.
Etre touriste n'en signifie pas moins rester citoyen avant tout.
Alors un conseil : quand vous allez sur une de ces îles, ne jouez pas les touristes béats, sachez raison garder et grattez le vernis... et surtout parlez à votre retour de ce que vous aurez découvert...Je vous promets plein de surprises !
22 avril 2009
Vingt-six lettres...
Vingt-six lettres,
Pour nous aimer...
A vec passion, de
B aisers délice en
C aresses frisson,
D e mots velours pour
E nrober nos nuits, de
F rôlements de peau
G ravant sur nos corps l'
H istoire de notre amour...
I vresse de nos sens,
J outes charnelles,
K aléidoscope de nos envies
L ibertines et brûlantes,
M ille et une
N uits au firmament,
O uvrant les portes du
P aradis au ciel de notre lit...
Q uand la lune ambrée
R envoie une ombre soyeuse
S ur nos corps enroulés,
T oi, mon bonheur, mon
U nique, mon ultime,
V iens recevoir l'offrande, des
W agons de tendresse dans les bras, un
X érès enivrant sur les lèvres, dans tes
Y eux d'océan me désirant, un
Z este de volupté !
20 avril 2009
Qui sont les justes?
"En honorant ceux qui ont refusé de se plier à la fatalité de la volonté exterminatrice de l´idéologie nazie, la médaille des Justes contribue à rétablir l´Histoire dans sa vérité."
Simone Veil
La Shoah, la nuit du monde et des consciences…
Six millions de juifs, dont 1,5 million d'enfants, furent assassinés
pendant la Shoah dans les pays occupés par l’Allemagne nazie.
Une grande partie de l’Europe est alors sous la domination nazie et la
majorité des Etats et des peuples garde le silence sans intervenir et
pire encore, certains collaborent avec les assassins.
Et cependant, des lumières d’humanité…
Et cependant, quelques-uns, au risque de leur propre liberté ou même de
leur vie, tendent une main secourable pour sauver des enfants ou des
familles juives..
Yad Vashem, le mémorial de la Shoah, en Israël avait identifié, au 1er
janvier 2006, à travers toute l’Europe, plus de 21 000 personnes
auxquelles un hommage est rendu dans le cadre d'un projet créé par une
loi de 1963. Ce sont les "Justes parmi les nations".
L’hommage aux Justes comme valeur d’exemple.
Yad Vashem estime que l'hommage rendu aux Justes des nations revêt une signification éducative et morale :
- Israël a l'obligation éthique de reconnaître, d'honorer
et de saluer, au nom du peuple juif, les non-juifs qui, malgré les
grands risques encourus pour eux-mêmes et pour leurs proches, ont aidé
des juifs à un moment où ils en avaient le plus besoin.
- Les actes des Justes prouvent qu'il était possible d'apporter une aide. L'argument selon lequel l'appareil terroriste nazi paralysait les initiatives contraires à la politique officielle est démenti par l'action de milliers de personnes de tous les milieux qui ont aidé les juifs à échapper à la Solution finale.
Les personnes reconnues comme telles reçoivent la médaille des Justes et un certificat honorifique (remis à un proche en cas de reconnaissance posthume); en outre, leurs noms sont inscrits sur le Mur d'honneur du Jardin des Justes à Yad Vashem. C'est la distinction suprême décernée par l'Etat d'Israël à des non-juifs pour marquer la reconnaissance du peuple juif.
Quels sont les critères pour nommer les Justes parmi les nations ?
Les dossiers permettant d’établir la reconnaissance d'un
Juste doivent établir, avec plusieurs témoignages concordants, des
faits probants, tels que :
- Avoir apporté une aide dans des situations où les juifs
étaient impuissants et menacés de mort ou de déportation vers les camps
de concentration.
- Avoir été conscient du fait
qu'en apportant cette aide, le sauveteur risquait sa vie, sa sécurité
et sa liberté personnelle (les nazis considéraient l'assistance aux
juifs comme un délit majeur).
- N’avoir recherché aucune récompense ou compensation matérielle en contrepartie de l'aide apportée.
L'aide apportée aux juifs a revêtu des formes très diverses ; elles peuvent être regroupées comme suit :
- Héberger un enfant ou une famille chez soi, ou dans des
institutions laïques ou religieuses, à l'abri du monde extérieur et de
façon invisible pour le public.
- Aider un juif à
se faire passer pour un non-juif en lui procurant des faux papiers
d'identité ou des certificats de baptême (délivrés par le clergé afin
d'obtenir des papiers authentiques).
- Aider
les juifs à gagner un lieu sûr ou à traverser une frontière vers un
pays plus en sécurité, notamment accompagner des adultes et des enfants
dans des périples clandestins dans des territoires occupés et aménager
le passage des frontières.
- Adopter temporairement un enfant juif pendant la durée de la guerre.
Qui sont les Justes parmi les nations ?
Certains sauveteurs furent des hommes d'église qui considéraient la
résistance au nazisme et l'aide aux juifs victimes du génocide nazi
comme un impératif religieux.
D’autres étaient animés des idéaux humanitaires, d’autres encore
révoltés par ce que leurs fonctions pouvaient les amener à commettre,
comme de nombreux policiers ou gendarmes.
Certains fonctionnaires et diplomates ont reçu eux aussi le titre de Justes parmi les nations :
- Angelos Evert, qui directeur de la police d'Athènes
pendant l'occupation allemande de cette ville, Paul Grüninger,
commandant de la police suisse de Saint-Gall, Aristides de Sousa
Mendes, le consul général du Portugal à Bordeaux, Carl Lutz,ambassadeur
Suisse à Budapest ,Sempo Sugihara, consul général du Japon en Lithuanie
et de nombeux autres, dont Raoul Wallenberg, Consul de Suède en
Tchécoslovaquie.
Des Allemands, militaires ou des civils employés dans les pays occupés,
ont su dire « non » aux exactions de leurs dirigeants, méritant ainsi,
au péril de leur vie, le titre de Justes parmi les nations.
Il faut enfin mentionner un Pays et deux communautés qui ont reçu cette distinction :
- Le Danemark, et ses mouvements de résistance, ont sauvé
la quasi totalité de la communauté juive du pays (environ 7 200
personnes sur un total estimé à 8 000), au cours d'une seule opération
en octobre 1943, en l'évacuant subrepticement par le détroit d'Oresund
séparant le Danemark de la Suède.
- Aux Pays-Bas, le village de Nieuwlande, dans la province de la Drente.
- Dans la région montagneuse du sud de la France, la communauté protestante du Chambon-sur-Lignon.
Les Justes, dont les actions constituent des exemples exceptionnels de courage, de générosité et d’humanité sont des phares pour les prochaines générations, justifiant ainsi la devise extraite du talmud et figurant sur la Médaille des Justes :
« Quiconque sauve une vie sauve l’Univers tout entier »
14 avril 2009
Au sud de la frontière, à l'ouest du soleil
Hajime a connu pour la première fois l'amour en compagnie de la douce
Shimamoto-San. Séparés par la vie, il
n'a pourtant jamais oublié.
Aujourd'hui, à l'aube de la quarantaine, Hajime est devenu un homme
ordinaire et s'est construit une vie agréable entre sa famille et un
métier qui lui plaît. Ce fragile équilibre résistera-t-il à ses
retrouvailles avec Shimamoto-San ?
L'auteur japonais nous avait habitués aux personnages de classe moyenne
qui, perdus et broyés au milieu de la foule, se résignaient à vivre
anonymement et à faire éclater le plus discrètement possible leur
désespoir. Cette fois, le héros du roman s'en tire un peu mieux que les
autres. Hajime a une situation confortable. Marié à la fille d'un
industriel, il a pu ouvrir un club de jazz. Sa femme l'aime, il l'aime
aussi. Autant que ses deux filles. Il a quarante ans mais en paraît
trente parce qu'il va régulièrement à la piscine. Il conduit une BMW la
semaine, une Cherokee le week-end. Que dire de plus ? Que la belle
Shimamoto-san, son amour de prime jeunesse, va faire son apparition et
rendre tout d'un coup cette petite vie bourgeoisement confinée inutile
et insupportable.
Ce roman de Haruki Murakami se lit d'une traite.
Chose curieuse, cette lecture s'effectue comme une procession lente et
mesurée, sans avidité, ni boulimie romanesque. La phrase, sèche et
tendue, a la curieuse faculté de mettre les personnages à distance
d'eux-mêmes. Mystérieusement, ils parlent presque d'outre-tombe,
dévoilant sur eux-mêmes une vérité qu'ils semblent fatigués de vouloir
endosser. Haruki Murakami est assurément un auteur à découvrir et à
suivre.
13 avril 2009
De la séduction à la drague
Comment aborde-t-on celle ou celui que l’on veut séduire ? À chaque
époque, amants ou soupirants ont inventé toute une diversité de
stratégies et de ruses pour se livrer au commerce sexuel ou amoureux.
Le coude sur la portière de son cabriolet, arborant un sourire
ravageur, le dragueur contemporain n’a rien à envier au séducteur des
temps anciens. Il n’est qu’à en juger par l’usage des carrosses et des
fiacres depuis la fin du Moyen Âge.
Casanova, dans ses confessions
érotiques, y narre quelques exploits, quand par exemple il se fait
raccompagner dans la voiture d’une jolie femme et lui laisse « une marque non équivoque de l’ardeur qu’elle [lui] avait inspirée ».
Et
lorsque Emma Bovary accepte la promenade en fiacre que lui propose
Léon, le cocher doit bien se résigner à passer la journée entière à
sillonner la ville de Rouen…
En fait, prévient Jean Claude Bologne
d’entrée, on pourrait douter qu’il existe une histoire de la conquête
amoureuse, tant l’on retrouve à toutes les époques des Don Juan, des
volages, des fidèles ou des timides. Il n’empêche que si l’on a
toujours séduit, conté fleurette, coqueté, racolé, dragué…, l’air du
temps y appose sa marque, et c’est tout ce qui fait l’intérêt de sa
recherche, pleine d’anecdotes aussi distrayantes qu’édifiantes.
Les
nouveaux codes construits à chaque époque, toutefois, ne touchent pas
toutes les couches de la société. Que savons-nous des pratiques
amoureuses chez les paysans du Moyen Âge ou dans le peuple parisien du
Grand Siècle ? Notre historien manie la prudence et la nuance : même si
sa recherche embrasse une quantité considérable de sources, celles des
temps anciens – L’Art d’aimer d’Ovide ou les manuels de
séduction qui se multiplient à partir de la Renaissance – ne laissent à
voir que certains pans, certaines grandes tendances plutôt à l’œuvre
chez les privilégiés.
L’amour courtois par exemple est une
invention de la chevalerie du Moyen Âge qui transforme quelque peu le
regard porté sur la femme, invitée à exiger quelques prouesses de son
preux chevalier énamouré… La courtoisie vient adoucir les rudes
habitudes de l’Antiquité où, hors mariage, le viol, le rapt ou la
séduction par l’argent d’une affranchie étaient monnaie courante.
Avec
les amourettes multiples et brûlantes de François Ier, l’« escadron
volant » de Catherine de Médicis et les mignons de son fils Henri III,
la Renaissance installe une certaine licence sexuelle, mais elle
invente aussi la galanterie qui se répand dans les cours pacifiées du
Grand Siècle. Des paradoxes, des contradictions, des ruses émaillent
donc cette histoire compliquée et foisonnante, où la sincérité de
l’amour, la pureté des sentiments cohabitent avec le plaisir de la
séduction ou l’ardeur du désir… Et les femmes ne sont pas toujours en
reste, puisque le rang peut parfois inverser la hiérarchie des sexes :
au xviie siècle, Mme d’Alincourt rentre dans son cabinet après une
chute à la chasse, et se fait « prendre » contre son gré par son écuyer
dévoué. Ce n’est, en somme, qu’une fois retombé l’effet des ébats
qu’elle s’estime outragée et le menace de mort : comme il lui tend son
arme pour le poignarder, elle le pardonne et devient ensuite sa
maîtresse…
Au siècle des Lumières, des mœurs progressivement policées s’allient au libertinage (quand ce n’est pas la débauche comme à la cour de Louis XV) et à l’aveu plus affiché du désir charnel.Mais encore faut-il distinguer, durant toutes ces périodes, entre les différentes femmes : à la maîtresse, l’hommage et les armes les plus raffinées de la séduction, à l’épouse, le respect (jusqu’au xixe siècle, les mariages sont décidés par les familles), et aux autres – prostituées, chambrières ou femmes du peuple ou de la campagne –, le devoir d’accepter de se faire renverser sur la paille avec la plupart du temps le mépris pour tout remerciement…
L’époque
contemporaine – qui démarre à la Révolution française – est, quant à
elle, riche de mutations en tous genres et les pratiques de séduction
ne font pas exception. Les changements observés s’inscrivent dans des
rapports peu à peu plus égalitaires entre les deux sexes, dans lesquels
le lien amoureux nécessite l’accord des deux partis. Là encore,
pourtant, vont cohabiter des usages on ne peut plus contrastés. D’un
côté, comme le rappelle J.C. Bologne, le xixe siècle est celui de la
virilité, qui va bientôt donner naissance aux figures du militaire, du
sportif, du « républicain viril » et à des générations de coureurs de
jupon cultivant le machisme.
De l’autre, l’amoureux romantique, à
l’image des héros stendhaliens, qui rougit, pâlit, se pâme et monte des
tentatives de suicide pour conquérir sa dame… À l’heure où la fée
électricité est apparue dans le paysage naît le coup de foudre, qui
électrise désormais les regards et les âmes, tant féminins que
masculins. D’innombrables codifications amoureuses se diffusent au fil
des progrès techniques. Les cartes postales et les timbres (selon leur
inclinaison) deviennent le support de tout un langage du cœur. Les
transports (croisières en paquebots, voyages dans l’Orient Express),
les stations balnéaires et les casinos sont autant de lieux où se
développent la drague et une nouvelle pratique venue de chez les
Anglo-Saxons : le flirt (issu du terme français « conter
fleurette »), qui scelle une nouvelle liberté initiée en terre
protestante où les jeunes filles sont, dit-on, plus entreprenantes. « Effleurer le vêtement avant d’oser la chair, serrer le bras avant de saisir le corps… », tout un jeu du désir et de l’excitation se développe alors avant le mariage et en dehors du contrôle parental.
Mais
bien sûr, c’est avec l’avènement de la pilule et la légalisation de la
contraception, dans les années 1960, qu’intervient la rupture majeure.
Dans
une société qui accorde une large place aux loisirs et à la fête, la
libéralisation des mœurs autorise alors les expériences sexuelles qui
détermineront les choix de chacun pour sa chacune – et inversement.
La
conquête amoureuse n’est plus affaire de mâles dominants qui
sélectionnent leurs proies : les femmes peuvent enfin se permettre de
revendiquer leurs choix sexuels et sentimentaux. Les hommes se doivent
désormais de faire leurs preuves !
Alors, ringards et disqualifiés
les dragueurs ? Oui, certes, mais les évolutions très récentes montrent
que leur destin n’est peut-être pas scellé : J.C. Bologne ne manque
pas, à la fin de son ouvrage, de pointer de nouvelles ruses de la
séduction, issues des relations via Internet ou des avancées de la psychologie. Bref les dragueurs – et les dragueuses – n'ont pas dit leur dernier mot.
11 avril 2009
L'Ego en habit de Personne (richesse extérieure apparente versus richesse intérieure)
Être ou paraître ?
Superbe contradiction que le mot "personne". Il veut en même temps dire "Quelqu’un" et "Pas quelqu’un" Nous comprenons bien cela quand nous découvrons que personne vient de personna qui, en langue étrusque, signifiait masque de théâtre. Nous voilà donc dans une histoire d’identité et de masques.
Ce double sens du mot "personne", apparemment contradictoire, s’harmonise très bien avec le fait que la personnalité ne désigne pas ce que nous sommes, mais plutôt le (ou les) personnage(s) que nous jouons. Le "quelqu’un" est l’acteur, l’individu. La personnalité, elle, est le personnage joué. Une sorte de stratégie carnavalesque inconsciente pour assurer notre quotidien social.
Parlons de la passion qui permet de sortir de l’ego. La St Valentin était le symbole de cette sortie du moi. Mais ce jeu de cache-cache entre le quelqu’un et le personne, trouve aussi une autre opportunité en février. Nous célébrons ainsi ce mois là deux fêtes remarquables que pourtant rien ne semble réunir : la St valentin le14, et le mardi-gras.
Ces fêtes se poursuivent en alternance dans une amusante opposition : le mardi-gras annonce le carême avec ses quarante jours de jeûne et d’abstinence alors que la St Valentin nous invite à la passion amoureuse. Quand le mardi-gras tombe avant la saint Valentin… la fête des amoureux au beau milieu de l’abstinence!… ce n’est vraiment pas de chance !
Heureusement, les amoureux sont certainement suffisamment amoureux pour vivre tout de même ce qu’ils ont à vivre !
Bas les masques avant le printemps
Comme pour mieux symboliser notre problématique d’un excès de personnage, les masques et les costumes, juste avant le mois de mars nous préparent sans doute à devenir un "quelqu’un plus authentique". Peut être les cendres du bonhomme carnaval constitueront-elles un bon engrais pour amender notre conscience souvent trop peu fertile.
Le printemps est un moment de renaissance où, au sortir de l’hiver, la végétation qui semblait morte revient à la vie. Plus de soleil, des journées de plus en plus longues, une déferlante de pollinisation et de fécondation. Comme la promesse d’une vie qui commence.
Ce n’est pas pour rien que le mot "printemps" signifie "premier temps" du latin primus tempus. C’est une sorte de prime time de la vie. Remarquez que si nous comptons les mois en tenant compte du nombre contenu dans leur nom, nous trouvons : décembre (dix), novembre (neuf), octobre (huit), septembre (sept) en remontant ainsi en arrière nous pouvons poursuivre avec les autres mois qui ne portent plus le stigmate de leur nombre pour arriver à mars (un) Voici donc une autre sorte de premier mois.
Après le premier janvier, qui est notre "premier temps" de l’année, mars marque un second "premier temps" : celui de la renaissance de la vie. Pour préparer cet événement, février nous propose la St Valentin avec la passion qui libèrera de l’ego et le mardi-gras qui invite à la disparition des apparences avec la crémation du personnage carnaval.
Ces deux fêtes nous préparent à un "premier temps" d’authenticité après avoir traversé la passion et la mascarade.
Une certaine façon de jouer la vie
L’hiver, les arbres semblent morts. Mais nous savons tous qu’en réalité, ils cachent en eux une vie encore invisible.
Peut être le carnaval nous rappelle-t-il que, d’une manière similaire, les êtres humains cachent ce qu’ils sont derrière une apparence dérisoire ou grotesque. Et cette apparence ne laisse pas non-plus présager de la vie ni de la si précieuse dimension de l’individu.
Ces costumes sont une façon de jouer la vie sans être vu… ou plutôt d’être vu sans être reconnu. Ce paradoxe de vouloir être vu sans être reconnu anime notre existence sociale où l’intérêt (pour les choses) est souvent plus important que l’attention (pour les gens) Cela conduit tout naturellement à faire l’intéressant avec quelque chose d’extravagant pour se faire remarquer… mais sans être reconnu.
Cet excès de l’intérêt donne au monde un aspect aussi mort que les arbres dénudés, et il faut au moins le carnaval pour sortir de cet endormissement hivernal (de même qu’il fallait aussi au moins la passion pour sortir de l’ego).
Les "autres" admireront le "costume" sans pour autant atteindre l’intimité de l’être. D’un autre côté, cela permettra à l’être de s’exprimer comme bon lui semble puisque grâce à son costume il ne peut être identifié.
Il peut ainsi se libérer de ses refoulements dans un lâcher prise salutaire. Il prépare alors l’émergence de la vie qui est en lui et, de cette manière, peut s’exprimer à l’abri des "prédateurs" de différence.
Ce "costumage" ressemble curieusement à notre quotidien habituel. Comme si au moment du carnaval on se mettait à faire symboliquement ce qui se fait tout au long de l’année… sauf que dans le carnaval c’est caricatural et exacerbé.
Notre costume quotidien
Dans une sorte de dévotion pour le factice, la diversion quotidienne, que représentent le costume, le statut social ou professionnel est très présente. Cette diversion est si présente que l’on dit "je suis médecin", "je suis tourneur", "je suis agent d’entretien", "je suis directeur"… s’agit-il de la fonction, de l’individu ou du personnage? On entend même des personnes ayant vécu la dépendance à l’alcool dire "je suis malade alcoolique" ou d’anciens toxicomanes dire "je suis ex toxicomane" comme s’il s’agissait d’une identité!
Nous sentons ici une valse des étiquettes qui fait les mirages et la douleur de la société et du monde professionnel. Dans ce dernier, la douleur se trouve même entretenue par le terrible "credo" selon lequel il est de bon ton de "savoir se vendre" (voir à se sujet l’article "Chercheurs d’emplois" d’octobre 2000).
L’étiquetage fait, il n’y a plus qu’à se mettre sur l’étalage !
Notre époque mélange ainsi la production, les producteurs, les fonctions professionnels et les statuts sans les différencier de l’humain. Nous constatons alors que les gens adoptent comme identité le déguisement que constitue leur personnage. Mieux encore, il se font souvent "tailler un costume" par les collègues ou les voisins… quand ce n’est pas par les membres de leur propre famille !
Quand celui qui est déguisé, en plus se fait costumer… où est la véritable identité ?
Une telle fragilité de l’existence à travers le statut n’est vraiment conscientisée que par ceux qui en sont privés. Rien de tel qu'une "bonne période de chômage" par exemple pour réaliser à quel point le personnage professionnel sert de soutient et nous porte à nous croire plus forts que nous ne le sommes. L’apparente affirmation de soi, de celui qui est bien installé dans la vie, est vite mise à mal par une perte de statut.
Pour se déguiser, certains mettent des masques, d’autres des costumes… d’autres des statues (oh pardon ! des statuts) Il y a des personnages en béton, d’autres de marbre. Certes ces déguisements sont un peu lourds, peu maniables, mais il semble que ceux qui les portent n’assurent leur sécurité qu’à ce prix.
"Personnagite" généralisée
Dans le travail
Le monde professionnel semble le lieu privilégié pour s’habiller en personnage. Quand vous parlez à votre directeur ou à votre collaborateur, vous adressez vous à l’individu qui est à ce poste ou à la FONCTION?
Trop souvent, parfois toujours, on s’adresse avant tout à la fonction. Ceci appuyé par le fait qu’on doit être interchangeable, que nul n’est indispensable et qu’il faut que le travail continue même en l’absence de l’agent. Si ces derniers points sont justes, ils n’empêchent en rien le fait que quand quelqu’un se trouve à un poste, ce n’est pas au poste qu’on s’adresse mais au "quelqu’un" qui s’y trouve, même s’il n’est qu’intérimaire.
Cela n’a rien à voir avec de l’amitié ou du copinage, ni même avec l’habitude de voir toujours la même tête. C’est simplement la logique qui veut qu’on s’adresse au "quelqu’un" plutôt qu’au "quelque chose". Ceci est même un fondement (hélas trop méconnu) de la valorisation des ressources humaines (article sur la distance dans le management).
Quand vous montez dans un taxi, vous adressez-vous au chauffeur ou
au volant ? Essayons de nous rappeler qu’une fonction n’est qu’un poste
de pilotage et ne peut en aucun cas être un interlocuteur. Il serait
utile de parler au pilote plutôt que d’entretenir un échange illusoire
et stérile avec un volant ou un manche à balai. Qu’il s’agisse d’un
pilote d’avion ou d’un agent d’entretien, aucun n’aimera être assimilé
à un manche à balai.
Dans la famille
Quand nous sortons du domaine professionnel, nous pensons peut-être en avoir fini avec les personnages pour aller vers une vie familiale plus riche de compréhension et d’authenticité.
Malheureusement l’épidémie de "personnagite" ne touche pas que le monde professionnel. La contagion est sérieuse !
Quand nous parlons à notre enfant, nous adressons nous à l’individu qu’il (ou elle) est ou nous adressons-nous à NOTRE ENFANT? Quand nous parlons à notre conjoint, parlons-nous à l’individu qu’il (ou elle) est ou parlons-nous à NOTRE CONJOINT? Quand nous avons un échange avec l’un de nos parents, avons-nous un échange avec l’homme ou la femme qu’est notre parent ou bien avons-nous un échange avec NOTRE PARENT?
Ici le personnage n’est plus une fonction, mais une position dans l’organigramme familial. Au lieu de s’adresser à l’individu qui se trouve à cette place il y a une fâcheuse tendance à s’adresser à la place elle-même. Alors cela devient comme dans le jeu des 7 familles: dans la famille Personne je voudrais la mère !
Curieusement les gens qu’on aime le plus, sont souvent ceux qu’on entend le moins. Croyant les connaître nous passons notre temps à les imaginer plus qu’à les écouter. Nous les "connaissons" tellement qu’ils n’ont pas prononcé trois mots et nous "savons" ce qu’ils vont dire… alors nous imaginons le reste, omettant simplement de nous ouvrir à ce qu’ils avaient vraiment à exprimer. Si cela vous étonne, lisez l’article de novembre sur les pièges de l’empathie.
La farandole costumée du carnaval est une bonne représentation de notre quotidien où le masque semble dominer le monde relationnel. Et il y a un roi dans cette fête : le Bonhomme Carnaval. C’est le plus gros et le plus grotesque. On finit le défilé en le brûlant dans la joie… et ce, malgré le temps, le soin et l’énergie dépensés à le fabriquer.
Saurons nous faire de même avec nos représentations factices ? Peut être leurs cendres fertiliseront-elles le sol afin de le préparer à un premier temps. Un printemps de l’individu qui, enfin reconnu et existant, deviendra riche de créativité, d’énergie, de communication, de travail, de respect, de considération et de tout ce qui fait la vie.
De la personnalité vers l’individu
Idées et réalités
Notre énergie est souvent bien plus investie à soigner notre personnage plutôt qu’à permettre à l’individu que nous sommes d’exister. Il en découle que nous sommes souvent maladroits quand il s’agit de permettre aux autres d’exister aussi.
Certes nous débordons de bonnes intentions, de bonnes idées et de générosité. Mais nous sommes plus doués en philosophie du respect d’autrui que dans l’attitude de respect elle-même.
Nous sommes prêts à généreusement défendre des idées sur l’accueil de la différence et contre le racisme… mais sommes nous seulement prêts à entendre une simple différence de point de vue, même de notre conjoint, sur un film, une émission télé, un lieu de vacances, sur le fait d’avoir ou non plus d’enfants, sur ses parents (et bien d’autres thèmes…) ! ?
Il faut se rendre à l’évidence que la réalité n’est pas philosophique. Même si la philosophie est utile, les représentations mentales ne sont pas tout. Guignol a du succès pour les enfants. Les marionnettes peuvent être un art. Mais elles ne peuvent être considérées comme des êtres humains. Le guignol que nous nous fabriquons n’est peut-être pas toute la vie, même si parfois il symbolise très bien nos faiblesses et nos meurtrissures !
Un moment déterminant
Souvent, l’individu ne prend conscience de tout cela que quand l’énergie qu’il utilise pour élaborer son (ou ses) personnages vient à lui manquer. Cela survient parfois pour des raisons de maladie qui le privent de ses ressources habituelles. Cela peut aussi survenir quand il atteint un grand âge ne lui permettant plus de faire semblant. Cela arrive également quand il traverse l’épreuve de la déprime où l’absence d’intérêt révèle le dérisoire des illusions de l’activisme.
Non accompagnés, il arrive que de tels moments le cassent plus qu’ils ne l’aident à se construire car notre culture nous a plus habitué à les combattre qu’à en tirer profit. Ne nous a-t-on pas répété qu’il faut être beau et fort, ne pas trop s’écouter, rester jeune, se dépasser, être brillant…
Avons-nous entendu une invitation à être soi ? Avons nous entendu que ce soi est précieux. Avons nous entendu que celui que nous sommes, tous ceux que nous avons étés et tous ceux dont nous sommes issus sont précieux et fondent notre structure psychique. Avons nous entendu que c’est même ce qu’il y a de plus précieux en nous ? Que c’est la ressource qui nous donne notre énergie et notre créativité ?
Non. Nous avons plutôt entendu "ne t’écoute pas, maîtrise toi" (signifiant innocemment: "ce que tu es n’est pas terrible, remplace le par autre chose!")
Alors, malmené par ces injonctions répétitives, un individu n’a souvent pas accompli cette forme de naissance dans sa vie courante. Il développera plutôt l’habitude de jouer des personnages dans lesquels il aura tendance à se noyer.
Dans son grand âge, il lui restera tout de même l’opportunité de la maison de retraite pour découvrir d’un seul coup un monde privé de compensations et de faux-semblants. Espérons qu’il s’y trouvera du personnel compétent, capable de l’aider à accoucher enfin de lui-même. Mieux vaut cela à la dernière étape de la vie que pas du tout! Mais pour faire d’une maison de retraite un lieu propice à une telle naissance, il est utile de former le personnel à des nuances auxquelles il n’est pas habitué. Il y aurait à ce sujet beaucoup de choses à dire sur l’autonomie et la démence dont je parlerai dans un prochain article.
Présence et affirmation de soi
Au fond, pourquoi attendre cette ultime possibilité ? Chaque fin de carnaval nous invite déjà à ne pas nous accrocher aux apparences grotesques.
Chaque Bonhomme carnaval brûlé nous invite à ce premier temps de l’existence. Un printemps de l’individu qui jusque là se trouvait caché dans du bois mort et peut soudain laisser émerger la vie qui sommeille en lui.
L’affirmation de soi, c’est l’accueil de soi. L’accueil de soi, c’est l’accueil de celui que l’on est, de tous ceux que l’on a étés et de tous ceux dont nous sommes issus.
Chaque instant du quotidien, chaque ressenti présent est une opportunité nous accompagnant vers la "mise au monde" de ces multiples parts de soi en attente. Que ce soit de façon spontanée ou au cours d’une psychothérapie, ceci est un processus naturel qui fonde la vie de chacun d’entre nous.
C’est ainsi que nous gagnons en maturité, en présence et en authenticité au fur et à mesure du déroulement de notre existence.
Ceci nous conduit à être de plus en plus soi-même afin d’être de plus en plus ouvert aux autres. Nous avons ainsi de plus en plus de présence et de moins en moins d’ego. Nous savons alors différencier la qualité sociale de celui qui est brillant (pour ne pas dire clinquant) et de celui qui a de la présence.
Il ne s'agit pas de devenir un autre, mais plutôt de cesser d'être une autre.
Au fond, le mot présent ayant plusieurs sens, "être présent" signifie aussi "être cadeau" Si nous avons bien compris la différence entre la spontanéité et la réactivité, être soi, c’est offrir à l’autre ce qu’il y a de meilleur en nous.
Il en va ainsi de ma conception de la vie : être sur les fondements (au sens propre) de soi plutôt que de montrer ses "fondements" (au sens figuré) sur une page Facebook par exemple...
Le Carpe Diem s'accompagne d'une honnêteté vis-à-vis de soi et des autres, il fait abstraction de tous les "métaux" clinquants, des signes extérieurs de richesse.
C'est d'ailleurs symptomatique, vous l'aurez remarqué vous aussi, ce sont ceux qui "paraissent" et "se pavanent" le plus qui en sont le moins dotés...Serait-ce alors révélateur d'une richesse intérieure beaucoup plus limitée? Probablement dira le sceptique, surement dira le sage.
05 avril 2009
Zoé...
"Soyons reconnaissants aux personnes qui nous donnent du bonheur ;
elles sont les charmants jardiniers par qui nos âmes sont fleuries."
disait Proust.
Je te dédie cette phrase ma chère Zoé...
04 avril 2009
Darfour : secourir les enfants malgré la suspension des ONG (UNICEF)
L’évaluation conjointe réalisée par les équipes du gouvernement et les Nations unies sur l’impact de la suspension des ONG au Darfour, publiée le 26 mars dernier, a mis en lumière les besoins qui restent à couvrir pour les 3 mois à venir. Une évaluation de l’impact de la suspension des ONG dans les zones de transition (Sud Kordofan, Nil bleu, Abyei) va également être menée.
Les Nations unies insistent sur le fait qu’elles n’ont pas la capacité pour répondre à tous les besoins. L’Unicef insiste également sur le fait que les évaluations ne prennent pas en compte les besoins au-delà des mois de mai ou juin lorsque débutent la saison des pluies et la période de soudure. L’impact de l’absence des ONG sera ressenti bien au-delà de cette période, notamment dans les programmes de surveillance nutritionnelle au Darfour.
Besoins et actions pour les 3 mois à venir
Aujourd’hui, 650 000 personnes sont privées d’accès aux services médicaux. 14% des services de santé assurés par les ONG internationales et 30% des capacités en alimentation thérapeutique ont été affectés par l’expulsion des ONG. On estime que 1,1 million de personnes ne recevront pas de rations alimentaires en mai si une solution pour procéder aux distributions n’est pas trouvée rapidement. 8 des ONG suspendues au Darfour fournissaient près de 100% des services d’approvisionnement en eau, assainissement et hygiène à quelque 990 000 personnes dans leur zones d’activité.
Afin de répondre au mieux aux besoins des populations, l’Unicef a adapté ses plans d’action pour les 3 mois à venir.
Pour les programmes Eau, assainissement et hygiène, un budget additionnel de 5,1 millions de dollars sera nécessaire. De nouveaux partenaires sont sollicités pour construire et réhabiliter les points d’eau et les installations sanitaires, approvisionner les camps de déplacés en savon (868 000 personnes), assurer la maintenance des points d’eau.
Pour les programmes Santé et nutrition, il s’agit de distribuer le matériel pour les campagnes de vaccination, fournir des kits de santé primaire, réapprovisionner plus de 200 dispensaires, distribuer au moins 150 000 moustiquaires et des sels de réhydratation orale. Mais également, approvisionner les centres nutritionnels, soutenir la couverture nutritionnelle au Darfour sud avec du plumpy doz, former plus de 800 agents de santé et volontaires, renforcer la surveillance nutritionnelle dans 60 sites. Un budget supplémentaire de 8,1 millions de dollars pour la santé et de 3,4 millions de dollars pour la nutrition sera nécessaire.
Dans les 3 régions du Darfour (Nord, Ouest et Sud), l’Unicef continue d’apporter un soutien dans les domaines de la santé, de la nutrition, de l’eau, assainissement et hygiène.
Pour aider l'UNICEF : http://www.unicef.fr/index
01 avril 2009
L'esperanto vu par Pierre Desproges
Zamenhof (Lejzer Ludwik), médecin et linguiste
polonais, né à Bialystok (1859-1917). On lui doit l'invention
de l'espéranto.
Tout le monde s'en fout et c'est dommage. Quand on sait qu'à
la base de tous les conflits, de toutes les haines, de toutes les guerres,
de tous les racismes, il y a la peur de l'Autre, c'est-à-dire de
celui qui ne s'habille pas comme moi, qui ne chante pas comme moi, qui
ne danse pas comme moi, qui ne prie pas comme moi, qui ne parle pas comme
moi ; quand on sait ces choses, dis-je, on est en droit de se demander
si, par dessus les têtes couronnées des potentats abscons
qui nous poussent au massacre tous les quatre printemps, l'usage d'une
langue universelle ne saurait pas nous aider à résoudre nos
litiges et à tolérer nos différences avant l'heure
imbécile du fusil qu'on décroche et du clairon qui pouète.
Enfin. Bon. Utopie.
Lejzer Ludwik Zamenhof est mort à Varsovie le 5 septembre 1917, dans des circonstances dramatiques. Il n'est pas trop fort de dire qu'il est mort pour l'espéranto. Ce jour-là, il descendait la Vistule. Un alligator, d'autant plus désagréable qu'il s'emmerdait tout seul (la proportion d'alligators par habitant en Pologne n'atteint pas zéro pour mille), fit volontairement chavirer son frêle esquif dans les eaux troubles et glauques. L'Alligator, qui ne savait pas nager, coula à pic. Quant à Zamenhof, c'est en vain qu'il appela à l'aide les nombreux pêcheurs à la ligne témoins du drame. Aucun de ces braves hommes ne parlait l'espéranto. Aucun ne comprit que le vibrant "Au secouro !" poussé par Zamenhof signifiait "Au secours!". Ainsi, alors que d'autres, comme la marquise de Pompadour, réussissent une carrière grâce au maniement d'une langue, Lejzer Ludwik Zamenhof mourut d'avoir voulu montrer la sienne à tous les passants.
Aujourd'hui, Zamenhof repose à l'ombre d'un grand cyprès dans le cimetière juif de Varsovie. Pourquoi au cimetière juif, alors que, de notoriété publique, il était plus catholique qu'un essaim d'intégristes? Parce que Zamenhof, jusqu'au bout fidèle à son idéal, avait exigé que l'adresse de sa dernière demeure figurât en espéranto sur le couvercle de son cercueil. Pour un croque-mort polonais, hélas, l'espéranto, c'est de l'hébreu.
29 mars 2009
La société civile mondiale
Qu’en est-il de la réalité d’une société civile mondiale ? Raymond Aron la voyait comme un concept utopique, pourtant, aujourd’hui, celle-ci existe bel et bien.
«
Je ne pense pas que la formule société internationale ou, de
préférence, mondiale constitue un véritable concept. Elle désigne sans
la décrire une totalité qui inclurait à la fois le système
interétatique, le système économique, les mouvements transnationaux et
les formes diverses d’échanges (…) de sociétés civiles à sociétés
civiles, les institutions supranationales. Peut-on appeler société
cette sorte de totalité qui ne garde presque aucun des traits
caractéristiques d’une société ? (…) J’en doute » (Raymond Aron, Les Dernières Années du siècle, 1984).
En
2005, le centième anniversaire de la naissance de R. Aron (1905-1983) a
été l’occasion de faire le point sur sa pensée, dont l’influence est de
plus en plus grande dans les sciences sociales actuelles. La présence
dans les cercles du pouvoir de plusieurs disciples de R. Aron (Nicolas
Baverez, Jean-Claude Casanova…) renforce encore le poids de la pensée
du maître. D’où l’intérêt de la publication des actes d’un colloque
consacré à Raymond Aron et la démocratie du xxie siècle (De
Fallois, 2007). De ses lectures précises de Karl Marx à sa réflexion
sur le totalitarisme en passant par ses liens avec les néoconservateurs
américains, tous les aspects de la pensée de R. Aron sont examinés. À
la lecture des interventions de Pierre Manent (sur la démocratie) et de
Marcel Gauchet (sur la religion), on ne peut qu’être marqué par la
puissance de sa réflexion sociologique.
Le contraste avec les
faiblesses et les limites de la réflexion géopolitique n’en est que
plus frappant. Car quelles que soient les qualités des grands ouvrages
de R. Aron sur les relations internationales, sur la guerre et sur la
géopolitique (particulièrement Paix et guerre entre les nations
– son « grand œuvre » –, 1962), celui-ci est passé complètement à côté
de ce qui était la principale tendance du monde de la seconde moitié du
xxe siècle : la construction tendancielle de la société-monde.
Comme
l’a signalé Nicole Gnesotto lors de ce colloque, une grande partie des
dynamiques de fond de l’espace mondial ne pouvait qu’échapper à un R.
Aron défenseur des analyses interétatiques du monde (ce que l’on
appelle le « courant réaliste » des relations internationales). La
survalorisation de la place de l’État-nation conduit R. Aron à
marginaliser les autres acteurs. Il ne nie pas la puissance des firmes
multinationales, par exemple, mais il la ramène à une lecture
nationale : « Ce qui est bon pour General Motors est bon pour les États-Unis. »
Plus grave, l’importance de la naissance du droit mondial (avec les
conséquences du procès de Nuremberg), l’apparition de l’opinion
publique mondiale, les grands changements qui conduisent Marshall
McLuhan à voir l’émergence d’un « village planétaire » dès le début des
années 1960…, tout cela échappe à ses analyses.
Face à R. Aron
pourtant, et ce dès les années 1950, un politologue comme Marcel Merle
(1923-2003) était capable de mettre le doigt sur les limites de
l’analyse en termes d’États-nations. Auteur en 1974 de Sociologie des relations internationales, M. Merle fut l’un des premiers à s’intéresser à toute cette série de phénomènes émergents.
La
violence planétaire actuelle, et plus particulièrement le renouveau du
terrorisme, ne remettent-ils pas en cause l’existence de la société
mondiale et ne valident-ils pas, en fin de compte, les réticences de R.
Aron ? Cette violence est-elle compatible avec l’idée même du « village
planétaire » ?
Le « village planétaire », malgré tout ?
L’édition 2007 du Global Civil Society Yearbook apporte
une contribution intéressante à ce débat. Cet annuaire, publié depuis
2000, est entièrement consacré cette année aux relations entre la
violence et la possibilité de la société-monde. Issu pour partie de
travaux réalisés à la très sérieuse London School of Economics (LSE),
le Global Civil Society Yearbook 2007 affirme – à la manière de l’anthropologue Paul Dumouchel – que le développement du terrorisme reflète, « indistinctement et obscurément », l’existence implicite de cette société civile mondiale : « La violence géopolitique contemporaine n’est pas dissociable de la constitution (d’une société-monde) dont le caractère global n’autorise pas d’autre expression du conflit violent qu’au sein de lui-même. »
Dans « Violence and the possibility of global civility », Martin Albrow et Helmut Anheier affirment la nécessité « de s’inscrire à la fois dans une perspective théorique, et de s’intéresser au sujet dans la longue durée ».
Ils montrent que les analyses doivent opposer l’ancien état de guerre
« westphalien » – où les États s’affrontent en termes de puissance
nationale – et l’état de violence actuel qui n’est plus, justement, un
état de guerre. Ils constatent que si les formes de grande ampleur de
violence politique existent – tout particulièrement le terrorisme –,
cet état de violence n’est pas entièrement opposable aux progrès
réalisés par la société civile mondiale.
Quelle est donc la réalité
actuelle de la société-monde ? Comme le montrent depuis deux ans les
travaux du Human Security Centre (Vancouver), la réalité géopolitique
mondiale, c’est aussi la diminution de plus de 40 % du nombre de
conflits depuis le début des années 1990, la baisse du nombre de crises
internationales de plus de 70 %, la progression de l’alphabétisation du
monde, un rejet de la violence comme moyen d’action politique désormais
partagé par des parts croissantes des sociétés.
Contrairement à ce
que R. Aron affirmait, la société-monde existe bel et bien. Mais il
faut les bons outils pour la faire apparaître.



