On oublie le dernier rêve ; on se remémore toujours le premier amour.

Ce blog est dédié à tous les amoureux de l'Amour, de la philosophie, de l'humour, de la littérature, des voyages... et bien plus encore, sans aucune prétention, et avec votre contribution, si vous le souhaitez.

30 novembre 2008

Basse fosse - Pierre Desproges

Dites-moi, j'y ai déjà fait allusion tout à l'heure, mais vous n'écoutiez déjà pas, alors, je me répète : c'est grotesque d'être assis comme ça.

Peu d'animaux s'abaissent jusqu'à s'asseoir.

Le hibou se perche, la chauve-souris se pend, le serpent se love, le ham s'terre. (C'est Victor Hugo qui disait que les calembours, c'était des pets de l'esprit, il avait pas tout à fait tort. Je l'ferai plus. Je recommence)...

Le hibou se perche, la chauve-souris se pend, le serpent se love, l'ara s'casse, le cheval se couche, le soleil se lève, l'homme s'asseoit.

A part le chat et le chien, créatures stupides qui poussent parfois la veulerie jusqu'à tolérer dans leur sillage des employés de banque dont ils lèchent la main, quand c'est pas la concubine, peu d'animaux, je le répète, s'abaissent jusqu'à s'asseoir.

Et encore, on dit : le chien, mais le chien ne s'assied jamais véritablement, ah non !

Il s'appuie sur ses pattes de devant, dans une position relativement élégante, alors que l'employé de banque, non. Le professeur Konrad Lorenz, humaniste scientifique et grand ami des bêtes, qui a partagé son existence entre l'étude du comportement sociologique animal et les cuites à la Kanterbräu, eh bien, le professeur Lorenz a expérimenté lui-même, dans son laboratoire bavarois, ce que je suis en train de vous dire là... Si si c'est vrai !

D'ailleurs, vous pouvez refaire l'expérience chez vous : il suffit d'avoir quelques épagneuls bretons et quelques employés de banque sous la main, c'est simple.

Je vous refais le schéma de cette expérience :
si nous asseyons côte à côte - c'est important qu'ils soient assis côte à côte -,
si nous asseyons côte à côte un employé de banque que nous appellerons A...
C'est pas drôle, puis en plus on s'en fout du nom de l'employé de banque.
Je l'appelle A par pure convention.
Vous savez, ça n'a aucun intérêt, on s'en fout.
Enfin, vous avez déjà fait des problèmes à l'école, quand même ?

Ne m'interrompez pas, ça va être très pénible, sans ça.

Alors, si nous asseyons - je reprends -,
si nous asseyons côte à côte un employé de banque que nous appellerons A
et un épagneul breton que nous appellerons Catherine
- en hommage à Catherine de Médicis qui était pas mal velue elle aussi -,
et si nous disons : "Haut les mains !", seul l'épagneul breton se casse la gueule.
L'employé de banque, pour sa part, reste assis dans cette posture niaise qui est présentement la vôtre, et cela jusqu'à ce que... l'agresseur se tire avec la caisse...

ce que je ne vais pas tarder à faire moi-même maintenant.

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"Le suffrage universel n'est qu'un leurre et un odieux mensonge" (Mikhaïl Bakounine)

En vous rendant aux urnes, vous avez sans doute été gagné par le sentiment euphorisant d'appartenir à une communauté nationale qui accordait du prix à votre vote. En sortant de l'isoloir, à moins d'avoir voté blanc, vous avez même peut-être eu l'impression encore plus gratifiante d'appartenir à une communauté d'idées et de valeurs. En tout état de cause, vous avez nourri l'espoir que votre voix serait entendue.
Pourtant, nul besoin de souscrire aux thèses anarchistes du penseur russe Mikhaïl Bakounine pour être désta­bilisé par le lourd soupçon qu'il fait peser sur le suffrage universel. Selon lui, « le suffrage universel, considéré à lui tout seul et agissant dans une société fondée sur l'inégalité économique et sociale, ne sera jamais pour le peuple qu'un leurre ; de la part des démocrates bourgeois, il ne sera jamais rien qu'un odieux mensonge, l'instrument le plus sûr pour conso­lider, avec une apparence de libéralisme et de justice, au détriment des intérêts et de la liberté populaires, l'éternelle domination des classes exploitantes et possédantes ».

Bakounine dénonce l'illusion selon laquelle chacun croit librement élire des représentants qui, précisément, le représenteront ; c'est la mystification par laquelle les gouvernants se prétendent dépositaires d'une hypothétique volonté populaire qu'ils ne font en réalité que confisquer à leur profit. Comment d'ailleurs espérer qu'il en soit autrement ? Les élus et les électeurs appartiennent à des mondes imperméables l'un à l'autre : « La classe des gouvernants (la bourgeoisie) est toute différente et complètement séparée de la masse des gouvernés. » Les aspirations du peuple sont par nature impénétrables à un bourgeois conditionné par son milieu.
Une fois passées les périodes électorales, qui fournissent l'occasion aux candidats de faire « la cour à Sa Majesté le peuple souverain » en déployant toutes les ressources de la séduction, chacun vaque ensuite à ses occupations : « Le peuple à son travail, et la bourgeoisie à ses affaires lucratives et à ses intrigues politiques. » Une fois le pouvoir conquis, l'heure n'est plus aux promesses mais au réalisme. L'exercice du pouvoir s'accompagne inévitablement de changements de perspective parfois radicaux. Ainsi, les candidats les plus révolutionnaires « deviennent des conservateurs excessivement modérés dès qu'ils sont montés au pouvoir ». Et le peuple ne manque pas d'accuser de traîtrise des hommes dont l'accès au pouvoir a simplement altéré la perception du réel.

La seule façon de rendre la démocratie vraiment représentative consisterait à donner les moyens au peuple d'exercer un contrôle effectif sur les élus. Ces derniers devraient être contraints d'agir ouvertement et publiquement, de se soumettre à la critique populaire et être révocables à tout moment. Mais Bakounine sou­ligne lui-même les difficultés liées à l'exercice d'un tel contrôle populaire : celui-ci exigerait que le peuple ait le temps et l'instruction nécessaires pour étudier les lois et les programmes qu'on lui propose : « Il devrait se transformer en immense parlement en plein champ. » Or, comme il n'en a ni le loisir ni la compétence, il s'en remet au savoir discrétionnaire de l'élu. Ainsi, le système représentatif « a besoin de la sottise du peuple et il fonde tous ses triomphes sur elle ». Voilà pourquoi la scène électorale est un lieu mensonger et condamné à le demeurer. Voilà aussi pourquoi, en sortant du bureau de vote, vous étiez peut-être, déjà, secrètement désenchanté.

Par Olivia Gazalé, Philomag.com

28 novembre 2008

Qu’est-ce que Survival ?

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Survival est la seule organisation mondiale soutenant les peuples indigènes par des campagnes d'opinion. Elle fut fondée en 1969 à la suite d'un article de Norman Lewis, dans le journal britannique Sunday Times dénonçant les massacres, le vol des terres et le génocide en Amazonie brésilienne. Tout comme beaucoup d'atrocités contemporaines, l'oppression raciste des Indiens du Brésil était accomplie au nom de la 'croissance économique'.

Aujourd'hui Survival a des sympathisants dans 82 pays. L'organisation agit en faveur des droits des peuples indigènes dans trois domaines complémentaires : l'éducation, les campagnes et la recherche de fonds. Elle offre aussi aux peuples indigènes une tribune pour s'adresser au monde. Elle travaille en liaison étroite avec les organisations indigènes locales et se concentre sur les populations les plus fragiles, généralement celles qui sont récemment entrées en contact avec le monde extérieur.

Survival estime que l'opinion publique est la force la plus efficace pour faire changer les choses, son pouvoir rend plus difficile, éventuellement impossible, aux gouvernements et aux grandes compagnies de réaliser les entreprises qui oppriment et spolient les peuples indigènes.

Créée en 1978 par un groupe d’anthropologues, la branche française de Survival est constituée en association régie par la loi 1901, reconnue d'utilité publique.

Le rôle éducatif de Survival

Nos programmes d'éducation consacrés aux habitants des pays du Nord et aux Occidentaux notamment visent à démontrer l'inanité des croyances erronées et mythiques qui présentent les peuples indigènes comme des reliques d'un passé aboli que le 'progrès' fera disparaître. Nous promouvons le nécessaire respect de leurs cultures et expliquons que leur mode de vie est compatible avec le monde contemporain, à condition que cet ajustement soit endogène c'est-à-dire soit décidé et mis en oeuvre par les intéressés eux-mêmes. Nous insistons également sur les connaissances extrêmement fines, organisant des systèmes de pensée  élaborés, que ces peuples ont de leur milieu naturel (faune et flore); leur grande compétence dans la gestion de leur environnement (souvent difficile ou aride) doit être reconnue et utilisée en vue de toute évolution ultérieure de leur société.

Le travail éducatif de Survival prend plusieurs formes, à l'intérieur et à l'extérieur des écoles, en direction des enfants et des adultes. Nous fournissons gratuitement du matériel aux enseignants et aux étudiants, nous donnons des conférences publiques ou adressées à des auditoires particuliers, publions des livres et organisons des expositions de photographies…   

Le soutien de Survival 

Aux représentants indigènes nous offrons une tribune pour s'adresser directement aux compagnies industrielles qui envahissent leur terre. Nous diffusons les informations en utilisant les radios communautaires et les textes écrits – nous faisons savoir ce qu'endurent d'autres communautés indigènes et les mettons toutes en garde contre les menaces que représentent les multinationales. Nous leur donnons ainsi accès aux informations dont elles ont besoin pour faire entendre leur voix.

Survival joue un rôle majeur dans le bon acheminement vers leurs réels destinataires du financement des projets humanitaires, éducatifs, médicaux et d'auto-assistance. Un bon exemple en est le succès de l'élimination du paludisme dans certaines zones indigènes grâce au financement de l'assistance médicale aux Yanomami. 

Les campagnes de Survival 

Survival mène, dans le monde entier, des campagnes de soutien aux peuples indigènes, de la Sibérie au Sarawak, du Canada au Kenya; l'organisation a été la première dans son domaine à utiliser l'envoi massif de lettres de protestations.

En 2000 par exemple, après avoir reçu de 150 à 200 lettres par jour de sympathisants de Survival du monde entier,  le gouvernement indien dut abandonner son projet de déplacer la tribu isolée des Jarawa. Peu de temps auparavant, le gouverneur de la Sibérie occidentale avait imposé un moratoire de cinq ans aux forages pétroliers dans le territoire des Yugan Khanty quelques semaines après que Survival ait diffusé un bulletin d'action urgente sur la question. Nous avons obtenu beaucoup d'autres succès.

Nos campagnes visent non seulement les gouvernements mais aussi les compagnies, les banques, les missionnaires intégristes, les troupes de guérilla, les conservationnistes étriqués ou quiconque viole les droits des peuples indigènes. Survival fut la première organisation à attirer l'attention sur les effets destructeurs des projets de la Banque mondiale, reconnus maintenant comme une cause majeure des souffrances dans de nombreux pays pauvres.

Outre l'envoi de lettres – qui expriment des milliers de protestations – nous utilisons d'autres méthodes : manifestations devant les ambassades, pressions directes sur les détenteurs de pouvoir, soumissions des cas devant les Nations-Unies, recommandations sur les projets de textes du droit international, information des peuples indigènes sur leurs droits légaux, campagnes de publicité. Tout notre travail est enraciné dans les contacts personnels que nous entretenons avec des centaines de communautés indigènes.
    

Dans quel sens peut-on dire que Survival est unique ?   

Survival est la plus grande organisation, et l'une des plus anciennes, travaillant à la défense des droits des peuples indigènes. Elle est aussi la seule qui se concentre sur les campagnes publiques de protestations parce qu'elles sont le moyen efficace d'assurer une amélioration à long terme de leur situation. Elle est également la seule à refuser les financements d'origine gouvernementale et à ne dépendre que de ses sympathisants, ce qui lui assure sa liberté d'action mais l'oblige à veiller très soigneusement à l'utilisation de ressources limitées. Les publications de Survival sont diffusées en plusieurs langues à travers le monde. L'organisation a le statut de 'Charity' (organisation de bienfaisance) en Grande-Bretagne, d'association loi de 1901 à but non lucratif en France et des statuts équivalents en Espagne et en Italie. Nous pouvons également recevoir des dons déductibles des impôts aux Etats-Unis et aux Pays Bas.

Survival est la seule organisation de défense des droits des peuples indigènes à avoir reçu le 'Right Livelihood Award' (connu comme le Prix Nobel alternatif) ainsi que la 'Médaille de la Présidence de la Chambre des Députés' d'Italie et le 'Prix Léon Felipe' espagnol. Mais ce qui nous conforte le plus est que notre action est approuvée, dans le monde entier, par d'innombrables peuples indigènes et leurs organisations.

Que réserve l’avenir ?

Depuis 1969 l'attitude du monde 'développé' vis – à – vis des peuples indigènes a évolué vers une certaine reconnaissance. A l'époque, on pensait qu'ils étaient condamnés à disparaître ou à s'assimiler; maintenant, au moins en certains endroits, on fait plus que de reconnaître leur existence, on considère que leurs expériences et leurs valeurs sont importantes. Survival a fait émerger la question indigène dans les grands courants politiques et culturels. C'est peut-être notre plus grande réussite mais il reste à surmonter de nombreux obstacles dressés par le racisme, la tyrannie, la soif de profits et de pouvoirs.

Cliquez ici pour aider Survival

27 novembre 2008

Les aventures de Martine (suite)

En exclusivité mondiale, voici un nouvel épisode des aventures de Martine : "Martine joue à la 1ère Secrétaire Nationale du PS".

Seulement je suis déçu...parce que le changement, elle nous l'avait annoncé pour lundi 24 novembre, et j'avais réservé ma journée pour assister en direct à cet évènement sans aucun précédent dans l'histoire de l'Humanité...et comme ma soeur Anne, je ne vis et ne vois toujours rien venir. Je ne vais quand même pas bousculer tout mon agenda pendant un mois (voire plus) pour attendre cet avènement digne de l'arrivée d'un Messie sur Terre! Si? Je devrais, vous croyez?

Las, voilà que les "Ségolistes" crient au putsch trafiqué, sans même être certains que dans leur camps il n'y eut pas, peut-être, des bulletins en 3 exemplaires qui sont tombés de leurs poches dans certaines fédérations...

Martine - Ségo, le combat des femmes, des femmes castratrices car les hommes du coup en ont perdu...la parole dans le Parti des Séparés.

Bref le renouvellement attendra encore 50 ans quand les caciques de ce parti, qui désespère la France qui souffre au lieu de lui apporter un programme alternatif, seront décédés....

Mais en fait non, même pas, parce que dans 50 ans, si le PS existe encore, il y aura les jeunes d'aujourd'hui qui seront alors devenus des éléphants et qui n'ayant pas pu avoir le pouvoir aujourd'hui le revendiqueront à leur tour.

En attendant, quelle que soit la 1ère secrétaire, tous les leaders médiatisés du PS qui manifestent leur colère, leur incompréhension, leur mal-être, ont pour la grande majorité des mandats politiques qui leur apportent une certaine sécurité et qu'ils ne sont pas prêts de lâcher.

Et oui, il y a des limites sonnantes et trébuchantes à la dénonciation, au choc des mots et à la frustration, camarade! Il paraît que l'on appelle cela poliment le "pragmatisme"...

Donc pour moi l'évènement planétaire désormais sera le nombre de membres du PS qui, devant cette affligeante image donnée par leur parti nourricier, renonceront sine die à l'ensemble de leurs mandats électifs et/ou honorifiques.

C'est à cela que l'on mesurera le courage et la capacité de ce parti d'être en phase avec ses idéaux (si tant est qu'il lui en reste).

Zoé...époustouflante et belle!

Zoé comme vous l'avez rarement vue...

Elle est capable de prendre tous les rôles, même à contre emploi, et c'est en cela que l'on reconnaît la grande actrice, mais avant tout la femme magique qui se loge dans son être.

Tu es époustouflante, Zoé!

25 novembre 2008

Réflexions de l'Auvergnat...

Certains soirs, dans les rues de Vannes, Lorient, Rennes, Nantes ou ailleurs, on peut voir, ici et là, quelques individus insolites qui pressent le pas. Chacun d’eux est composé, pour l’essentiel, d’un costume sombre, d’un attaché-case et d’une convocation. Parfois, un nœud papillon ou une cravate ajoutent une note primesautière à l’austérité silencieuse de ces personnages furtifs et sibyllins. Mais où se hâtent-ils donc ainsi ?

Le pharmacien et la mercière s’accordent pour dire que, dans cet appareil, ils ne se rendent pas à des obsèques car il est trop tard. Ni à une nuit de galipettes et de turpitudes, car il est trop tôt. On voit bien par là combien les énigmes locales sont déconcertantes

Nos ténébreux quidams arrivent d’ailleurs avant l’heure à leur mystérieuse destination, et attendront dans le café voisin. Là, se trouvent déjà d’autres quidams vêtus de sombre, d’autres attachés-cases, et quelques nœuds papillons ou cravates primesautiers. Dès l’entrée des nouveaux arrivants, ce ne sont qu'embrassements, longues étreintes, contentements ostentatoires, chuchotements complices. Et des regards qui en disent long..

Derrière son comptoir, l’Auvergnat, désabusé, les paupières en berne, fatigué par peut être trop de mises en bière, essuie ses verres : voilà des mois qu’il a un doute...

A présent, ils parlent de la pluie et du beau temps. Surtout de la pluie. Pour ces gens-là, voyez-vous, il pleut toujours. Et la salle est humide, même quand il fait sec. À tel point qu’ils parlent à mots couverts, comme pour ne pas se mouiller. Ils tentent de se faire passer pour une famille nombreuse avec des « mon frère » par ci, des « mon bien-aimé frère » par là ! D'accord, ils ne sont pas tellement plus parfumés que certains autres, mais ils s’embrassent tout de même davantage… c’est la bande à bisous.

Autre indice : ils parlent souvent de frangines, également d’une dame, veuve de son état, et dotée de nombreux enfants, mais en attendant, on n’a jamais vu, jamais un seul d’entre eux, en compagnie d’une femme ! Les soupçons de l’Auvergnat se précisent : bizarre, bizarre, il en est à se demander si par hasard... ces gens-là ne seraient pas ... C’est qu’il y a des détails qui ne trompent guère.

Dans l’équipe se trouve un grand gaillard avec des poils noirs dans les oreilles et qui doit travailler dans une tuilerie. Le mois dernier, le gaillard en question farfouillait dans sa mallette à la recherche de sautoir et de bijoux. Est-ce que les Auvergnats, même s’ils sont grands avec des poils dans les oreilles portent des sautoirs et des bijoux, on vous le demande ?

Les vieux s’intéressent surtout à de jeunes apprentis. À voix basse, ils leur parlent de lacs d'amour et de houppes, et même d’attouchements de leurs attributs. Si, si… si, parole d'Auvergnat !

Mis à part celui qui est dans les tuiles, allez savoir leur profession ? Certains, c’est sûr, sont des menuisiers. Mais pas des meilleurs, car il est souvent question de planches, et elles sont souvent trop longues. Ou trop courtes, mais c’est plus rare, et ce serait pour éviter que le sciage du bois résonne trop fort pendant leurs travaux, … ouais il faut le dire ils ne semblent pas très opératifs.

Et, pour les bois, il est toujours question d’acacia, et d’érable, de vieil érable au mètre.

Ils parlent souvent d’outils, d’équerre, de compas et même de… pendule. A croire que certains sont des sourciers, pourtant il est rare qu’ils boivent de l’eau… parole d’auvergnat.

Parmi eux, il y a aussi un couvreur qui doit poser les tuiles de l’autre, un autre grand gaillard qui dirige des travaux mais qui n’y voit pas clair et qui est surveillé, il y en a un qui fait la quête mais qui n’est pas pauvre, et ça s’est sûr … il y a aussi un banquier.

Mais ils ne sont pas racistes. Ils ont leurs travailleurs émigrés. Surtout des vieux Ecossais, des anciens qui sont bien acceptés, et en bons écossais, ils sont surtout préoccupés par les augmentations de salaires.

Ils ne portent pas de kilt mais des tabliers, des sortes de cache-sexe dont certains sont immaculés et d’autres très bariolés.

Vers dix-neuf heures, ils s’en vont tous à la queue leu leu. Ils reviennent vers vingt-trois heures pour souper dans la salle du premier étage, où ils s’enferment comme des conspirateurs.

Ils ne se séparent jamais de leur attaché-case. Ils doivent en négocier de grosses quantités. Et ils se méfient, les bougres. Au point qu’ils ne laissent jamais la femme de l’Auvergnat faire le service : "Posez donc tout ça ici, laissez faire les jeunes, les apprentis sont là pour ça"… qu'ils disent.

D’accord, mais certains de leurs "jeunes" ont la cinquantaine. Il y a même un apprenti qui trottine vers les soixante-dix, et un autre qui va bientôt fêter un jubilé et qui va recevoir un tablier plein d’argent… ils sont riches les bougres.

Ouais … drôles de jeunes qui, en plus, à ce qu’il semble, feraient des réflexions dans des cabinets. Des réflexions au vitriol. Ils ont aussi une étoile flamboyante...et pourquoi pas une corde à noeuds pendant qu'on y est?! C’est sûr, ils essaient de brouiller les pistes.

Et, en plus, c’est certain, ça trafique la drogue. D’ailleurs, ça cause toujours de l’Orient. Et on voit bien que la plupart n’ont qu’une envie, c’est de s’y installer. Et, comme dans la mafia, tous ont leur parrain. Ils ont aussi leurs règlements de compte, et il est souvent question de la préparation de cercueils : ils obligent même leurs victimes à rédiger un testament. Ils font parfois allusion à un Ecossais, qui n’aurait pas été accepté et qui aurait été bel et bien "rectifié" … dans une rame de R.E.R.

Mais que fait donc la police ? Quoique, quoique,… quoique.... Ce sont tout de même de bons clients. Dans le commerce, finalement, il faut savoir comprendre les choses.

Moralité, nous avons sur l’Auvergnat et ses certitudes, fondées sur le bon sens, un net avantage : nous savons qu’il se trompe. Et, comme l’a dit le philosophe, « Si tous ceux qui croient avoir raison n’avaient pas tort, la vérité ne serait pas loin ».

Hélas ! Hélas ! Nous sommes toujours l’Auvergnat de quelqu’un ou de quelque chose. Et la seule certitude que nous puissions avoir, c’est qu’hélas ! nous sommes tous encore plus Auvergnats que nous n’en avons l’air.

23 novembre 2008

Nicolas Canteloup dans l'émission de Michel Drucker

22 novembre 2008

Martine pense sauver le Monde, Zoé l'illumine...

Tiens voilà que ce matin, tôt, je vais faire un tour sur le site de France 2, et plus particulièrement pour regarder le JT de 20 heures du 18 novembre.

Entre supertankers arraisonnés par des pirates, abandon d'enfants au Nebraska (c'est chouette comme pays, l'Amérique, dis Papa!), le prix du panier de la ménagère, la Corse (un "marronnier" qui fait de l'audience, car c'est tellement exotique la Corse et si près de chez nous...comment? c'est chez nous? ah bon, merci de l'info), les crickets (pas le sport, les insectes) qui envahissent le New South Wales en Australie (qui n'avait pas besoin de ça en plus cette année), et autres "informations" stratégiques, voilà qu'apparaît enfin le Sauveur du Monde, enfin disons plutôt la Sauveuse du Monde, herself, j'ai nommé Martine Aubry bien sur.

A des questions précises et pertinentes de David Pujadas il n'y eut que des réponses évasives; quant à la place au renouveau politique et à la place de la nouvelle génération au sein du PS, Martine a besoin de consulter au plus vite Robert Hossein qui lui donnera l'adresse de son fournisseur de prothèses auditives.

Et à la fin de l'interview, enfin, LA Nouvelle, the BIG ONE : Martine a déclaré : "à partir de lundi (je précise lundi 24 novembre pour celles et ceux qui ne suivent pas), tout va changer".

A cette annonce, me voilà en train de compulser nerveusement mon agenda pour voir ce que j'avais de prévu lundi prochain, afin que je ne rate pas ce séisme mondial que Martine va engendrer! Barack n'a qu'à bien s'accrocher, quant à notre omniprésident-à-talonnettes-ami-des-riches, il doit déjà trembler de peur, heureusement que Carla doit lui murmurer (non, non, elle ne chante pas je vous assure, elle murmure, mais c'est par pudeur) une douce berceuse pour le calmer.

Elle est passionnante la vie du Parti Socialiste, de Martine à Ségolène en passant par Benoît et Bertrand, et dans ce monde un peu glauque, heureusement qu'ils nous font "rire". Puis surtout n'oublions pas qu'ils sont profondément et écologiquement corrects puisque la girouette est l'instrument le plus utilisé chez eux en ce moment, du sommet du parti jusqu'à la section départementale...

C'est qu'on ne sait pas qui va être désigné par les militants, donc vaut mieux être prudent ma bonne dame!

Comme le disait Edgar Faure, adepte du retournement de veste appliqué : "Ce n'est pas la girouette qui tourne mais le vent". Certes, vu comme cela...

Allez continuez comme ça braves amis socialistes, apparemment la branlée de 2002 et la claque de 2007 ne vous ont absolument pas sorti de vos travers qui désespèrent même vos plus fidèles partisans. Muets à l'Assemblée, aucune proposition alternative concrète à la politique désastreuse du moment, des éléphants qui ont peur de perdre leur savane dorée (oui, c'est aussi un gâteau, plutôt une galette en l'occurence), bref un cocktail qui ne peut qu'encourager les gens à être saoulés.

Courage, vous reviendrez surement un jour au pouvoir...vers 2050? Non, c'est peut-être un peu tôt, il faut quand même choisir un chef (au moins 5 ans) et ensuite (surtout) préparer un programme...alors là permettez-moi de n'avancer aucune hypothèse car même Einstein n'aurait pu mettre en équation cette relativité toute socialiste.

Heureusement, peu après ce nouvel épisode des aventures de "Martine chez David", le sourire de ma chère Zoé (Félix pour celles et ceux qui s'interrogent) que j'adore est venu illuminer l'écran de l'ordinateur, certes pour la promo de Clara Sheller, mais bon elle est pardonnée, ça fait partie de son contrat. Et puis elle était magnifique, sublime, rayonnante et bien plus encore dans cette interview enregistrée.

Merci Zoé, les socialistes nous font le coup du rire du désespoir et toi, par ta grâce naturelle, ta beauté et ta simplicité, tu nous apportes le sourire des gens "bien", des gens sincères, ce mélange de charme et de pétillement dans les yeux, et notre âme s'en trouve embellie. Sois en remerciée, Zoé, sincèrement.

21 novembre 2008

Jeune fille (dessin réalisé par Poui Poui)

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Le Testament de l'Initié - Rudyard Kipling

Je ne suis qu'un homme parmi les hommes,387px_Rudyard_Kipling
Mais j'ai répondu sous le bandeau et j'ai gravi les trois marches.
J'ai vu l'étoile flamboyante, j'ai fait le signe.
Je suis un maillon de la Chaîne !
La Chaîne est longue.

Elle remonte jusqu'au siècle d'Hiram, et peut-être plus loin encore.
On trouve notre signe sur les pierres dans les déserts de sable sous le ciel pur de l'Orient, dans ces plaines où s'élevaient les temples colossaux, poèmes purs de la puissance et de la gloire.

On trouve notre signe sur les papyrus que l'âge a teinté d'ocre, sur les feuilles où le calame a tracé les phrases les plus belles qu'un être ait pu lire.
On trouve notre signe sur les hautes cathédrales aux sommets sublimes aérés par les vents des siècles.
On trouve notre signe jusque sur les conquêtes de l'esprit qui font l'humanité meilleure, sur la partition de Mozart, sur la page de Goethe, le livre de Condorcet, les notes d'Arago.

Et pourtant, je ne suis qu'un homme parmi les hommes, un homme sans orgueil, heureux de servir à sa place, à son rang, je ne suis qu'un maillon de la Chaîne, mais je me relie à l'Univers dans l'espace et dans le temps.

Je ne vis qu'un instant, mais je rejoins l'Eternel.
Ma foi ne saurait faire couler le sang, je ne hais point, je ne sais point haïr.
Je pardonne au méchant parce qu'il est aveugle, parce qu'il porte encore le bandeau, mais je veux l'empêcher de mal faire, de détruire et de salir.

A ma place, debout et à l'ordre, j'ai travaillé de mon mieux.
Dans toutes les heures de la vie, mon coeur est demeuré fidèle.
Je me suis dépouillé des métaux, j'ai combattu jusqu'à la limite de mes forces le fanatisme et la misère, la sottise et le mensonge.

Je ne crains rien, pas même ce sommeil que l'on appelle la mort.
J'espère supporter la souffrance avec l'aide des miens, je saurai subir ce qui doit être subit parce que c'est la loi commune. J'aurai dégrossi la pierre, accompli ma tâche en bon ouvrier par l'équerre et le compas.

Quand je partirai, formez la Chaîne.
Rien ne sera perdu de ce qui fut donné. Je resterai toujours parmi vous car je vous laisserai le meilleur de moi-même, oh fils de la Lumière, mes Frères.

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