31 janvier 2009
Platon et son ornithorynque entrent dans un bar
" Ce sont mes principes, si tu ne les aimes pas, j'en ai d'autres ",
disait Groucho Marx, à qui ce livre est dédié. Voici une véritable
introduction à la philosophie qui a pour ambition de puiser ses
exemples dans le riche patrimoine mondial des histoires drôles. Pour
aborder sans crainte Platon, Kant, Aristote ou Descartes.
EXISTENTIALISME : " l'existence précède l'essence ". Si vous êtes
d'accord avec cette proposition, vous êtes un existentialiste. Sinon
vous existez quand même, mais vous êtes essentiellement en dehors du
coup.
Un livre que je vous recommande car il permet d'aborder les grands concepts de la philosophie au travers du patrimoine des histoires drôles. C'est désopilant, jouissif, et ce livre vous donne des clés de compréhension qu'il est parfois difficile de s'approprier dans des ouvrages jugés plus "universitaires". Je vous cite juste un exemple, à la partie "Raison versus Révélation":
Un homme trébuche et tombe dans un puits profond; il chute sur trente mètres avant d'attraper une racine grêle à laquelle il s'accroche de toutes ses forces. Mais son étreinte est de plus en plus faible, et, en proie au désespoir, il crie, "N'y a-t-il personne là-haut?"
Il lève la tête, mais ne voit qu'un rond de ciel bleu. Soudain, les nuages se dissipent, et un rayon de la plus vive lumière descend jusqu'à lui. Une voix grave tonne :"Moi, le Seigneur, je suis là. Lâche la racine et je te sauverai."
L'homme réfléchit un moment et hurle "N'y a-t-il personne d'autre là-haut?"
Moralité : accrochez-vous à une racine, et vous aurez tendance à faire pencher la balance en faveur de la raison.
29 janvier 2009
Internet : le bouc-émissaire facile
Le contrôle d'internet se rapproche à grands pas...pourquoi?
Ces derniers temps les média télé, les forces de l'ordre dans les collèges et lycées, matraquent à grands coups d'exemples sordides au possible mais extrêmement minoritaires (cela est souvent omis par ces "beaux diseurs") d'affaire liées à Internet.
Entre ne pas boucler la ceinture des enfants dans la voiture, les conduites sous l'empire de l'alcool et/ou de la drogue, les rodéos à scooter, etc. et les discussions sur internet, laquelle de toutes ces options provoque le plus de mort chez les jeunes chaque année?
Surement pas les discussions sur internet, sachons raison garder!
Internet : objet de tous les maux, bouc émissaire bien identifié et si facile à désigner, dans un monde où l'hypocrisie règne en maître, d'autant plus quand elle est relayée par les média qui jouent là un jeu schizophrène. Car n'oublions pas qu'ils sont eux-mêmes de plus en plus présents sur internet et que certains proposent même des forums de discussions...qu'ils critiquent avec force dans leurs propres journaux télévisés! On croit rêver...
Rappelons les FAITS et les CHIFFRES REELS des agressions sexuelles sur mineur(e)s :
Les atteintes aux personnes concernent 12,69% de l'ensemble des délits et/ou crimes commis (les atteintes sexuelles représentant 5,8 % des 12,69%, adultes et enfants inclus, et là aussi n'oublions pas que ce sont majoritairement des femmes majeures qui en sont victimes, donc les mineurs représentent une proportion faible) contre 61% pour les atteintes aux biens (les vols, cambriolages, etc.)
Concrètement et statistiquement les mineurs sont à 70 % agressés sexuellement par des personnes qu'ils connaissent et à 30 % par des inconnus. Dans la tranche des 70 %, 80 % sont agressés par des membres de la famille au sens large. Les 20 % restant se partageant entre les camarades, voisins, l'encadrement pédagogique ou sportif, etc.
2 millions de victimes d'inceste en France...à cause d'internet ?
Alors pourquoi cette mise en avant systématique des "dangers d'internet"?
L'objectif
de la campagne politico-journalistique consiste-t-il à
endiguer véritablement un phénomène envahissant,
en un certain sens endémique, ou plutôt à
"inventer" à d'autres fins un phénomène
qui, sous cette forme, avec ces caractéristiques, n'existe
pas?
L'insistance sur l'utilisation d'internet de la part des dites
"bandes de pédophiles", reflète plus une
crainte de diffusion de la violence, ou plutôt une suspicion,
un préjugé à l'égard d'un instrument
moderne, donc "un instrument du diable" qui modifie
radicalement le système de communication.
La majeure partie de
la consommation de matériel pornographique avec des mineurs ne
provient ni d'internet, ni grâce à internet; la majeure
partie de ceux qui accomplissent des violences sur des mineurs ne
fréquentent ni ne connaissent internet.
Dans cette campagne,
la société politique et de l'information manifeste
beaucoup plus les phantasmes, les craintes profondes, les préjugés
les plus enracinés de la société que la réalité
du problème... Ce n'est guère un hasard si l'on
transfère sur l'ultra-moderne internet un phénomène
qui émerge et continue à être enraciné
dans les institutions sociales les plus traditionnelles (la famille,
l'école, l'église...l'église qui ferait bien de résoudre ses propres et réels problèmes de pédophilie qui n'ont rien à voir avec internet! ).
Cette campagne est véritablement "obscurantiste"; parce qu'elle nie la vérité; et parce qu'elle reflète les peurs les plus obscures de la société. Pourquoi devrait-elle être favorisée et justifiée?
Simplement pour pouvoir mieux, demain, contrôler ce que nous faisons sur internet les uns et les autres.
Après le verrouillage médiatique organisé par le monde politique, internet est un formidable outil subversif et anti-pensée unique pour celles et ceux qui savent l'utiliser dans ce sens.
Qu'une poignée de "détraqué(e)s" sévisse sur internet, surement. Mais en proportion, nous l'avons vu, ils sont moins nombreux que les "détraquées" qui sévissent sans internet.
Alors que cesse cette hypocrisie maquillée d'un paravent de vertu fait de relents nauséabonds qui nous rappellent les heures les plus sombres de notre histoire. En effet, dans un passé pas si lointain, celles et ceux qui étaient désigné(e)s comme boucs émissaires étaient les Juifs, les homosexuels, les Arabes, les Noirs, les Roms, les Tziganes, les Francs-maçons et j'en oublie. Souvenons-nous!
Internet n'est "dangereux" que dans l'esprit de ceux qui ne peuvent pas tout contrôler comme ils le souhaiteraient, mais qui en rêvent, c'est en cela que cette médiatisation de faits divers qui font pleurer dans les chaumières est une dangereuse dérive.
Mais au fait, qui a vu ces derniers jours dans les journaux télévisés, dans les collèges et lycées, des porteurs de la bonne parole venir nous parler des "traders" qui viennent via Internet (et l'argent et l'économie virtuels), depuis des années, avec la complicité des gouvernements en place, de ruiner l'économie mondiale et de créer bien plus de violences, d'injustices, de morts directes ou indirectes, être "embarqués" cachés sous une couverture par une escouade d'hommes en bleu?
Qui vient dans les collèges et lycées informer les élèves sur les dangers du capitalisme sauvage dont nous subissons de plein fouet aujourd'hui les conséquences ?
Certains sont même comparés à des "Arsène Lupin" de la finance, avec ce côté "sympathique" alors qu'ils viennent de ruiner en l'espace de cinq touches appuyées sur un clavier relié à Internet des millions de gens...C'est cela que vous montrent les média aujourd'hui, pas des arrestations médiatisées, pas des gens menottés ou cachés sous des vestes ou des couvertures...ce n'est pas le même monde, ma bonne dame, que voulez-vous, eux sont intouchables parce qu'ils régissent le monde.
Mais ils sont plus nombreux et plus dangereux (l'actualité financière et économique le prouve) que les quelques "détraqués" égarés sur Internet, et pourtant ils utilisent le même outil!
Les innocents d'Outreau ayant été lapidés par les média et ayant purgé pour certain(e)s 3 ans de prison pour rien, ont-ils reçu une lettre d'excuse de Mme Chabot (directrice de l'information de France 2) ou de ses confrères des autres chaînes pour le lynchage médiatique dont ils ont été l'objet?
Parce qu'à côté de cela, Monsieur Junker, président du Luxembourg, paradis fiscal connu de tout le monde, donc point névralgique des transactions financières "occultes" par Internet, membre de l'Union Européenne, rappelons le, légèrement malmené par un journaliste dans un JT a eu droit, lui, à une lettre d'excuses, dictée ou non par le gouvernement de Monsieur Sarkozy (de toutes façons quand l'ordre ne vient pas de l'Elysée les média s'auto-censurent désormais, donc le résultat est le même au final.)
Alors sont-ce les blogs, les forums de discussion, les "tchats" qui font le plus de dégats et de morts aujourd'hui dans le monde?
Contrôler le citoyen lambda est le rêve de beaucoup de pouvoirs en place, en France ou ailleurs, mais il vaut mieux dénoncer les quelques cas de dérives perverses (à connotation sexuelle) via Internet, que les milliards d'euros ou de dollars et les millions de gens ruinés, morts ou presque à cause de l'économie virtuelle...
Avez-vous entendu qui que ce soit déclarer qu'il fallait règlementer Internet" concernant les actes criminels des traders et autres spéculateurs fous? NON!
Alors, en tant que citoyens, ouvrons les yeux et réagissons!
Que chacun regarde la réalité des chiffres et fasse des comparaisons avant de se faire berner et d'hurler.
Profitez-en pour manifester tout le "bien" que vous pensez de la politique actuellement menée (et qui elle n'est pas présentée comme un danger aux collégiens et lycéens) le 29 janvier 2009 !
Dans grève, il y a rêve !
27 janvier 2009
Les sourires de Zoé
Un sourire ne coûte rien et produit beaucoup,
Il enrichit celui qui le reçoit sans appauvrir celui qui le donne,
Il ne dure qu'un instant, mais son souvenir est parfois éternel,
Personne n'est assez riche pour s'en passer,
Personne n'est assez pauvre pour ne pas le mériter,
Il crée le bonheur au foyer, soutient les affaires,
Il est le signe sensible de l'amitié,
Un sourire donne du repos à l'être fatigué,
Donne du courage au plus découragé
Il ne peut ni s'acheter, ni se prêter, ni se voler,
Car c'est une chose qui n'a de valeur qu'à partir du moment où il se donne.
Et si toutefois, vous rencontrez quelqu'un qui ne sait plus sourire, soyez généreux donnez-lui le vôtre,
Car nul n'a autant besoin d'un sourire que celui qui ne peut en donner aux autres.
Raoul Follereau
Merci à toi Zoé, au travers de tes sourires, de ta gentillesse, de ton humanité, de nous apporter autant de chaleur dans l'âme et dans le coeur, ce poème a surement du être écrit pour toi inconsciemment, et même s'il traduit vraiment ce que peut apporter un sourire, ses mots sont encore bien loin de la réalité de tes sourires et de leur force incroyable.
Car tu ne souris pas seulement de tes lèvres, mais aussi de tes yeux et surtout de ton coeur.
Après on s'étonne que la banquise fonde! Réchauffement climatique? Que nenni!
Un sourire de Zoé, c'est là qu'est l'explication ! (sommaire, j'en conviens certes, mais j'aime bien, lol!)
A très vite...
26 janvier 2009
La Grande Loge de France
La Grande Loge de France est héritière de près de trois siècles d’histoire et de culture et la démarche initiatique qu’elle propose est une aventure exceptionnelle qui s’appuie sur des valeurs de progression intellectuelle, éthique et spirituelle.
C’est là l’objectif de l’initiation en GLDF, obédience qui accueille en son sein des hommes de toutes origines et de toutes croyances ayant en commun la passion de ce qui constitue le cœur de leur projet : l’Humain dans le déploiement de toutes ses facultés.
Intellectuelle car
les Francs-maçons de la GLDF veulent progresser en connaissance et en
conscience, sans que leur démarche puisse jamais être confondue avec
une approche philosophique, scientifique ou religieuse, approches
toutes légitimes dans leurs domaines respectifs mais qui relèvent d’un
autre projet que le projet initiatique.
La démarche initiatique
s’autorise à aller puiser aux richesses de ces domaines mais sans
jamais vouloir y être réduite ou annexée.
Éthique
car cette démarche est marquée par une volonté d’ouverture aux autres,
humaniste et respectueuse du libre choix de la personne humaine et son
intégrité physique, psychique, intellectuelle, morale et spirituelle.
Elle
est ainsi portée à dialoguer avec toutes les formes de pensée qui
respectent elles mêmes la liberté fondamentale des êtres humains,
liberté qu’elle considère comme une valeur non négociable.
Spirituelle enfin car les Francs-maçons de la GLDF se présentent comme les tenants d’une élévation et d’un dépassement initiatiques, soucieux de ne pas se limiter à la seule dimension physique et biologique de l’humain, marqués par la volonté de donner du sens à leurs existences et qui refusent de se contenter du matérialisme dominant de notre époque.
Pour autant, la Tradition initiatique en GLDF n’est pas une utopie déconnectée du réel, pas un aboutissement, un enfermement, une clôture sur le fantasme d’une perfection annoncée, programmée, absolue et de toute façon inaccessible.
Elle n’est pas le terme d’un chemin mais une volonté incessante de perfectionnement vers plus de lumière et d’intelligence de l’humain, lumière de la raison, de l’esprit et du cœur, qui permet à chacun de ceux qui en ont l’énergie et la volonté, de transformer ce qui pourrait n’être qu’un destin hasardeux et subi en un projet volontaire, assumé et partagé de construction de l’humanité en soi-même et pour soi, mais aussi avec les autres et pour les autres.
En encourageant chacun de ses membres à s’approprier les outils symboliques de l’épanouissement existentiel et de la construction de soi, la Tradition initiatique nous dit que la vie n’est pas une fatalité ou une péripétie dont on ne saurait orienter le cours mais qu’elle peut être vécue comme une intelligence mise en action, une force mise en marche, une exigence de réalisation de soi, par soi et par les autres car elle est toujours, toujours une rencontre.
Démarche ambitieuse, elle veut assumer le réel tel qu’il est, non pas pour se soumettre à sa fatalité, mais précisément pour récuser cette fatalité et démontrer que l’aventure de l’intelligence, de l’énergie, de la volonté et de la liberté humaine est une aventure possible et souhaitable, à condition de reposer aujourd’hui la question de savoir ce que cet homme, cette humanité, cette volonté et cette liberté peuvent être.
Copyright GLDF
25 janvier 2009
Poème d'hiver
Je te cherche et je te trouverai
Au lit je t'emporterai,
De là
j'abuserai de toi,
Je te ferai frémir, suer,
Trembler jusqu'à ce
que tu gémisses...
Je te ferai demander grâce,
Jusqu'à ce que tu
me supplies d'arrêter;
Je te rendrai faible au point où tu seras heureuse
que j'aie fini.
Et quand j'aurai fini, faible pour des semaines, tu
seras.
Avec tout mon amour,
Signé:
La Grippe
!!!!!!!!
23 janvier 2009
Mourir d'aimer
Pourquoi ce titre?
Il fait référence au film d'André Cayatte, de 1971, et à la chanson de Charles Aznavour qui en était alors la bande originale. Et quel était le "pitch" de ce film, comme on dit de nos jours?
L’histoire? une vraie curée sur fond d’émotions parentales contre les velléités émancipatrices de la société d’alors… qui veut aujourd’hui « remettre le couvert » avec tout ce fatras faussement puritain et moraliste qui suinte des pouvoirs en place. C'est l'histoire de Gabrielle Russier, cette prof tombée amoureuse d'un de ses élèves de seconde et qui, devant cette curée judiciaire, populiste, puritaine et "bien-pensante", finira par se suicider au gaz en 1969. J'avais 5 ans à l'époque et Pompidou, très embêté par cette histoire, citera ces quelques mots de Paul Eluard :
"Moi, mon remords, ce fut la victime raisonnable au regard d'enfant
perdu, celle qui ressemble aux morts qui sont morts pour être aimés."
Faut-il juger (au sens propre comme au figuré), voire judiciariser, les
histoires d'amour atypiques mais réciproques, où l'un des deux amoureux se trouve être
mineur?
Tout dépendra de la maturité de la personne, mineure ou pas. La
loi est bonne pour protéger l’ensemble des enfants mais un jugement
nuancé permet d’être au plus près de la vérité du lien amoureux qui
s’est créé. La seule inquiétude concernant le jeune concerne le danger
de manipulation et de contrainte.
Ceci étant, on peut être jeune et désirant telle ou telle aventure amoureuse, jeune et consentant.
Il a souvent été abordé la question des mariages forcés des filles de 15 ans. S’il est important de respecter la part de romantisme de l’âge et ne pas forcer l’union, il reste des jeunes filles très matures sensuellement qui peuvent tout à fait choisir de s’unir à un homme -ou pas-. A condition que ce soit LEUR CHOIX, et pas celui de la société ou de l'entourage, aussi bien intentionné soit-il! C’est toute la différence : LEUR LIBERTE!
Et c'est bien là que le bats blesse malheureusement.
Les mentalités sont restées, quoi qu'on en pense, bien sclérosées dans notre société, et les quelques affaires sordides liées à Internet, relayées par des média plus prompts à faire pleurer dans les chaumières qu'à porter un regard critique sur la société et ceux qui la mènent dans le mur, tant politiquement qu'économiquement, ne peuvent que provoquer un retour en force des archaïsmes de pensée tels que nous les connaissions aux siècles passés (quoique...si les puritains de la morale regardaient bien dans le rétroviseur, comme ils prétendent le faire, ils se rendraient vite compte que dans un temps pas si éloigné, les unions entre hommes murs et jeunes filles faisaient partie de la vie quotidienne...)
Les meutes puritaines ne tarderont toutefois pas à se manifester dans
leur désir refoulé et inversé de toucher à l’extase et à l'amour!
Ne tarderont pas, disais-je?
Pour certains elles ont déjà commencé!
Benoit XVI ou la honte de la réhabilitation des intégristes négationnistes
Benoît XVI va justifier une fois encore sa réputation de pape conservateur. Le pape a signé un décret annulant l'excommunication de quatre évêques ordonnés par Mgr Lefebvre, le chef de file des catholiques intégristes, selon plusieurs journaux proches du Vatican. Après la réhabilitation de la messe tridentine, c'est un pas de plus vers la frange la plus extrémiste de l'Eglise.
Benoît
XVI risque de faire frémir une nouvelle fois les plus progressistes de
ses fidèles. Le pape a décidé d'annuler l'excommunication de quatre
évêques intégristes ordonnés par Mgr Marcel Lefebvre, le chef de file
de ce courant controversé de l'Eglise catholique. L'information a été
révélée par le quotidien italien Il Giornale, généralement très bien informé sur le Vatican. La Croix, confirme, et annonce même la publication "imminente" du décret, "en fin de semaine ou début de semaine prochaine".
Ce geste marquerait une nouvelle étape de la réconciliation entre
l'Eglise et les Traditionalistes représentés par Marcel Lefebvre. Celui
qui avait été évêque de Tulle est l'un des principaux opposants au
concile Vatican II (1962-1965), qui introduisait, entre autres,une
reconnaissance de la liberté de religion, le dialogue intra-religieux
et une liturgie modernisée, où le latin n'était plus la langue de la
messe. Pour promouvoir son courant, Marcel Lefebvre fonde en 1970 la
Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X, qui revendique plus de 100 000
fidèles à travers le monde. Au bout de plusieurs années de joutes
doctrinales entre l'Eglise et la Fraternité, Mgr Lefebvre ordonne, sans
l'accord du Vatican, quatre évêques de sa mouvance en 1988. Ce qui leur
vaut l'excommunication, décidée par Jean-Paul II. Cette date marque le
début du "schisme" entre l'Eglise et les Traditionalistes.
Plusieurs gestes vers de l'Eglise
Depuis, à l'initiative du Vatican, le dialogue tente de se renouer
entre les deux parties. Jean-Paul II avait lui même débuté le
rapprochement mais Benoît XVI l'a largement accéléré. L'ancien préfet
de la Congrégation de la Doctrine de la Foi, plus conservateur que son
prédecesseur, apparaît plus sensible aux revendications des
Lefebvristes. En juillet 2007, Benoît XVI, par un décret personnel,
réhabilitait la "messe tridentine" prononcée en latin - issue du
Concile de Trente (1545-1563) - même si la messe moderne reste le
principe. Deuxième geste envers les Traditionalistes, en juin 2008,
lorsque le Vatican renonce à exiger des adeptes de Mgr Lefebvre la
reconnaissance claire du concile Vatican II. La Fraternité et ses
adeptes, ne sont toutefois pas encore réintégrée dans le giron de
l'Eglise. Or c'est un enjeux, puisque la mouvance Lefebvriste
revendique une grande partie de ses adeptes au Brésil, où un courant
opposé, la "Théologie de la Libération" - très progressiste et sociale,
"marxiste",
même, selon Benoît XVI lorsqu'il était encore le Cardinal Ratzinger -
rencontre, comme dans toute l'Amérique Latine, un grand succès. Une
opposition doctrinale doublée d'une opposition politique.
Plus globalement, depuis le début de son pontificat, Benoît XVI prend
des engagements qui font polémiques, mêmes au sein de l'Eglise. En
2008, il s'est par exemple prononcé plusieurs fois en faveur de la
béatification du pape Pie XII, très controversé pour son silence et sa
passivité face à la Shoah lors de la Seconde Guerre mondiale. Son rôle
fait d'ailleurs toujours l'objet d'un débat historique. Au tout début
de sa prise de pouvoir, Benoît XVI avait également choqué lors d'un
discours prononcé à Ratisbonne, dissertant sur le lien entre la foi et
la raison. "Montre-moi
ce que Mahomet a apporté de nouveau, et tu ne trouveras que des choses
méchantes et inhumaines, comme son ordre de diffuser par les moyens de
l'épée la foi qu'il professait", avait-il déclaré, citant une
controverse de la fin du Moyen Âge et provoquant une vague de violence
anti-chrétienne dans le monde.
21 janvier 2009
La psychanalyse (Pierre Desproges - Chronique de la haine ordinaire - 28 mars 1986)
Depuis pas loin d'un siècle qu'une baderne autrichienne obsédée s'est mise en tête qu'Oedipe voulait sauter sa mère, la psychanalyse a connu sous nos climats le même engouement que les bains de mer ou le pari mutuel urbain.
On a beau savoir pertinemment que la méthode d'investigation psychomerdique élucubrée par le pauvre Sigmund n'est pas plus une science exacte que la méthode du professeur Comédon pour perdre trente kilos par semaine tout en mangeant du cassoulet, ça ne fait rien, la psychanalyse, c'est comme la gauche ou la jupe à mi-cuisse, c'est ce qui se fait maintenant chez les gens de goût.
Ce scepticisme à l'égard de la psychanalyse, mais aussi de la psychologie et de la psychiatrie qui s'y réfèrent de plus en plus, me vient, selon mes docteurs, des données de base primaires d'un caractère brutal et non émotif qui me pousse à manger le pilon du poulet avec les doigts ou à chanter l'ouverture de Tannhâuser dans les moments orgasmiques.
Voici une histoire vécue, où le prestige des psy en prend plein le subconscient. Ma copine Betty Sartou, mère de famille à ses moments pas perdus pour tout le monde, a connu le malheur d'accoucher d'une espèce de surdoué qui s'appelle Grégoire, comme les moins cons des papes, mais c'est une coïncidence. A cinq ans et demi, ce monstre donnait des signes alarmants d'anormalité. Notamment, il préférait Haendel à Chantal Goya, il émettait des réserves sur la politique extérieure du Guatemala et, surtout, il savait lire malgré les techniques de pointe en vigueur à l'Éducation nationale.
Devant ce désastre, la maman et la maîtresse d'école estimèrent d'un commun accord que Grégoire était un mauvais exemple pour ses collègues de la maternelle, et qu'il serait bienséant de le jeter prématurément dans le cours préparatoire. Oui, mais à condition, dit l'Éducation nationale, que Grégoire subisse de la part d'un psychologue, par nous choisi, les tests en vigueur en pareille occasion. Au jour dit, mon amie Betty et son super minus se présentent au cabinet du psy, en l'occurrence une jeunesse binoclée de type " Touche pas à mon diplôme ". On prie la maman de rester dans la salle d'attente. Vingt-cinq minutes plus tard, la psychologue dont le front bouillonnant se barre d'un pli soucieux libère le gamin et accueille la mère.
- Votre fils Grégoire peut sauter une classe. Il en a la maturité. Il a parfaitement réussi les tests de latéralisation (en gros, cela signifie que si on lui présente une cuillère, il aura tendance à l'attraper plutôt avec sa main droite qu'avec son pied gauche). Malheureusement, je ne vous cacherai pas qu'il semble souffrir de troubles affectifs probablement dus à... un mauvais climat familial. Voyez le dessin qu'il vient de réaliser. Je lui avais demandé de dessiner papa et maman. C'est assez clair, non ?
L'enfant avait dessiné un père gigantesque, dont la silhouette occupait toute la hauteur de la page, alors que la mère lui arrivait à peine au plexus.
- Pour moi, c'est clair, soupira la psy. Cet enfant marque une tendance à la sublimation de l'image du père, tendance subconsciemment contrecarrée par une minimisation anormale de l'image et donc du rôle de la mère dans le contexte familial. Je ne vois malheureusement pas d'autre explication.
- Moi, j'en vois une, dit Betty. Mon mari mesure un mètre quatre-vingt-treize et moi un mètre quarante-sept.
Commentaire personnel :
Nous étions en 1986, je vous le rappelle, lorsque Pierre Desproges écrivit ce texte...quel précurseur, une fois de plus, car qui alors aurait pu prévoir que le mot "psy" soit autant "sanctifié", "béni", utilisé à toutes les sauces, qu'il remplisse autant les bouches (et vide les poches) de gens sérieux au demeurant, qu'il soit plus employé à tort et à travers que à bon escient de nos jours?
Et pour quels résultats? Outreau est un bel exemple, "la parole des "psys" est d'or, les accusations portées sont réelles, ces actes ignobles ont bien été commis, etc." Ah oui? Au final ce fut la plus grosse erreur judiciaire depuis l'affaire Dreyfus certainement.
Et ces derniers jours, suite aux mensonges d'un pauvre gamin, un prof se suicide."L'enfant ne ment pas" nous ressassent les psys à longueur de journaux, de magazines, d'interviews en tant qu'experts, tant dans les media que, plus grave, auprès des tribunaux.
Un car se renverse : vite une cellule psychologique! Un prof engueule un élève, non seulement il faut le virer, mais en plus il faut lui casser la gueule (vive les parents et l'enfant roi qui ne ment jamais), et surtout ne pas oublier de mettre en place une cellule psychologique!
La cellule psychologique, remède ultime aux maux d'une société toujours en recherche d'un coupable à tout et à rien, une dérive dangereuse qui provoque des dégats considérables (allez parler aux personnes qui à Outreau ont fait 3 ans de prison pour rien, allez dire à la veuve du prof qui s'est suicidé qu'il lui faut une cellule psychologique!)
En rentrant en voiture un moustique s'est malencontreusement écrasé sur mon pare-brise, je veux une cellule psychologique, au secours!
Et avez-vous entendu ou vu ou lu tous ces experts "psys" s'excuser une seule fois? Faire repentance à un seul instant? Démissionner de leurs fonctions pour incompétence notoire?
Que nenni! Jouer avec l'immatériel et l'interprétable à merci est si confortable et permet de palper tellement d'argent qu'ils ne vont pas scier la branche en or sur laquelle ils sont assis quand même, allons!
Quand on n'a vraiment aucune solution, quand on patauge alors on fait appel à un "psy" comme si Dieu en personne venait porter la bonne parole, pendant que, dans le même temps, tous ces braves gens hurlent contre les astrologues, les radiésthésistes, les voyants et autres charlatans du même accabit.
Mais parmi tous ces "charlatans" lesquels écoute-t-on le plus et prend-on la parole le plus au sérieux, lesquels font le plus de dégats?
Je vous laisse deviner...
20 janvier 2009
L'Homme Véritable : qu'en pensez-vous ?
«Un homme qui vit en fonction de la conscience morale devient
rigide. Un homme qui vit au travers de la conscience de soi reste
souple. Pourquoi ? Parce qu'un homme qui a des idées reçues au sujet de
comment vivre, devient naturellement dur. Il doit, sans interruption,
porter son caractère avec lui.
Ce caractère est comme une
armure, sa protection, sa sécurité ; sa vie entière est investie dans
ce caractère et il réagit toujours aux situations à travers ce
caractère, non directement. Si vous lui posez une question, sa réponse
est toute faite. C'est le signe d'une personne rigide - il est terne,
stupide, mécanique. Il est peut être un bon ordinateur, mais il n'est
pas un être humain. Vous faites quelque chose et il réagit d'une
manière bien établie. Sa réaction est prévisible ; c’est un automate.
L’homme
véritable agit spontanément. Si vous lui posez une question, votre
question obtient une réponse, pas une réaction. Il ouvre son cœur à
votre question, s'expose à votre question, il lui répond…»
Le premier paragraphe oppose deux consciences (morale, de soi) et les caractéristiques des hommes qui les représentent : l’homme à la conscience morale est rigide, l’autre est souple. La conscience morale est celle qui répond aux questions par les pré-jugés et les idées reçues légués par la morale (religieuse, par exemple). Les morales varient peut-être mais ne changent pas : elles ont pour principe d’apporter des réponses «toutes faites» à des questions qu’on ne se pose pas encore. Celui qui se sert de ses réponses devient «rigide», cette rigidité étant le reflet de la morale elle-même : de la loi. «Tu ne tueras pas» dit la morale, je ne tuerai pas répondra inflexiblement la conscience morale puisque la morale «a raison».
A
l’opposé, on peut trouver la «conscience de soi», prétendument souple
car n’est pas une loi. Son «credo» ne fera pas loi car se forgera sans
idées reçues, sera le reflet d’une nature construite plutôt que de la
morale. Car celui qui se sert de la morale voile sa nature, la
«conscience de soi». Son opinion peut très bien différer de la morale :
et pourtant elle l’emporte, car elle est inflexible.
Dès
lors on peut dire que celui qui répond d’après la morale, des idées
toutes faites, ne montre pas son vrai visage. On peut douter qu’il en
soit pour autant plus «stupide», bien que certainement plus terne. Sa
réaction est prévisible ; c’est un automate : il a ses lois.
Le
problème n’est cependant pas le même dans l’action que dans la pensée.
Car celui qui agit spontanément d’après la morale (en étant honnête ou
religieux par exemple) n’est pas le même que celui qui n’agit qu’après
«avoir ouvert son cœur à la question». Celui-ci ne commence pas par
agir, mais par penser. L’homme conscient de soi fonde son comportement sur sa réflexion plutôt que sur la morale toute faite.
A
l’opposé, le problème des idées reçues – peu importe maintenant que ces
lois soient les bonnes – est qu’elles poussent à agir «tel un
automate». A telle question, telle réponse. Elles induisent un
comportement ou un jugement sans réflexion, sans ce fondement dont
jouit justement l’homme «conscient de soi». Car sur quoi reposent le
bien-fondé des comportements impulsés spontanément par la morale ? Non
sur la raison, mais sur rien d’autres qu’eux-mêmes. Lorsqu’on me
demande «pourquoi faire ça ?» je répondrais «parce que c’est comme ça».
La morale ne s’autorise que d’elle-même, là où la conscience de soi exige de lui trouver une raison.
II.
Voilà
d’où vient le problème des idées reçues : elles vont contre la tendance
naturelle de la raison à chercher des causes à ses actions.
Dans la morale, les idées reçues n’ont donc d’autre légitimité intellectuelle que celle de l’argument d’autorité : il faut faire cela, penser cela, croire cela parce que c’est
ainsi – sous-entendu qu’il est dans la nature des choses de faire,
penser ainsi «parce qu’il en a toujours été ainsi». C’est en cela
qu’elles peuvent s’opposer à la raison, car le «bon sens» répète
spontanément ce que lui dicte le préjugé sans lui chercher de raison et
en allant même jusqu’à l’en empêcher. Ainsi pour «la pensée esclave de
la moral[e], écrit Nietzsche,
il n’existe que des jugements fixés, des causes fixées, et aucune autre
raison que l’argument d’autorité : si bien que penser consiste alors à répéter»
les réponses, et ainsi le passé. Le religieux vous répondra donc qu’il
n’y a lieu de chercher de cause à l’existence de Dieu puisqu’elle est
inscrite dans la Bible (s’en remettant à l’Autorité), de même que
l’honnête homme ne désirera escroquer personne parce que «c’est comme
ça» (s’en remettant à la nature des choses).
Dans la conscience morale, je n'exerce donc pas mon jugement mais je m'en remets au jugement du passé, à ce qu'on m'en a dit. La conscience morale s’en reporte à un pré-jugé
face à une réalité qu’elle ne connaît pas, comme lorsque je dis de
quelqu’un qu’il parle par préjugés de quelque chose qu’il ne connaît
pas : lorsqu’il le critique par exemple un film sans l’avoir vu,
répétant simplement ce qu’il en a entendu dire comme si c’était vrai.
Les
préjugés sont donc des jugements reçus du dehors, qui s’imposent à moi
spontanément sans que je les aie produits moi-même : par exemple l’idée
reçue est que le chinois est une langue compliquée (alors que je n’en
sais rien) ou qu’une femme ne peut pas gagner autant qu’un homme (alors
que ceci n’est pas fondé empiriquement) ou que le mariage est
nécessaire pour être heureux (alors que de nombreux couples sont
heureux sans être mariés) que je tiens pour vrai jusqu’à ce que j’en
fasse l’expérience.
Dans l’idée reçue, le rapport entre moi et
les choses sont fixés, bien que pouvant être contredites par
l’expérience que j’en ai : le chinois n’est pas après tout pas si
compliqué, les femmes travaillent tout aussi bien que les hommes et le
mariage n’est pas une condition indispensable à une vie heureuse en
couple. Et pourtant les idées reçues, la morale, me poussent à les
répéter contre l’avis même de la raison face à l’expérience.
Voilà où le respect des anciens se trouve soudainement mis en difficulté : il ne tient plus face à l’évidence de l’expérience.
Les idées reçues (d’autorité) peuvent se trouver contredites, les
préjugés se voir faussés et alors les rapports «automatiques» explosent
: ce que je tenais pour vrai, par préjugé, ne s’avère pas l’être de
fait. Voilà pourquoi l’homme de la morale ne pourra pas se lancer dans
un examen scrupuleux de ses pratiques, car il risque de ne pas y
trouver raison qui tienne. Sauf à évacuer tout préjugé, tel
«l’homme souple», qui révisera constamment son jugement et règlera ses
pratiques non plus sur des réponses toutes faites mais sur l’examen
minutieux de ses expériences. Il se fera «ses propres idées» en
«pensant par soi-même» plutôt qu’en s’en remettant aux idées reçues, à
la morale et aux anciens.
III.
Si on interroge la raison, il n’y a donc plus d’autre autorité que celle de l’expérience.
Les idées reçues n’étant pas infaillibles mais pouvant être contredites
par l’expérience, c’est elle qui devra avoir le primat sur mes idées.
Je n’en croirai que mes sens et déciderai alors de ce que je dois
faire, penser et croire. Encore faudrait-il que l’expérience, pour
fonder la morale, puisse faire autorité. Or, rien n’est moins sûr.
Dissiper les préjugés pour les refonder (sur mon jugement) suppose que je ne me prononce plus sur aucune chose sans la connaître. Ne pas préjuger
c’est donc se condamner à tout juger par soi-même c’est-à-dire à faire
l’expérience de tout soi-même. Autrement, on s’en remettrait à un
préjugé – ou on refuserait de porter un jugement (sombrons donc dans le
scepticisme). Dur et interminable labeur. Car alors je n’en aurai
jamais fini de tout expérimenter pour tout connaître et me faire «mon
propre avis». Et à supposer qu’on en soit capable, on ne pourrait tirer
de ce jugement que des convictions, toutes aussi mécaniques que les
idées reçues – à part qu’elles seront de moi. Comme le dit Nietzsche,
c’est l’expérience qui donne naissance «aux opinions… que la paresse…
fige en convictions». Le produit de l’expérience est au mieux une
opinion, au pire une croyance, en aucun cas une idée.
Vouloir
fonder toutes mes idées sur l’expérience c’est renoncer à en avoir
puisque l’expérience (et le jugement en résultant) par définition ne se
partage pas. L’expérience est ce rapport sans cesse changeant entre un
sujet et objet (l’expérience de la drogue, du mariage, ou du chinois
est complètement différente d’un individu à l’autre). Il est doublement
changeant : selon les sujets – chacun son expérience différente – et
dans le temps – une même expérience, répétée, ne me procurera jamais
les mêmes sensations. Autrement dit je ne pourrai jamais me prononcer
plus loin que ma simple expérience, jamais assuré que le jugement que
j’ai d’une même chose soit identique dans le temps, et selon les
individus !
Certaines aimeront le chinois, d’autre pas. Certains
supporteront la drogue, d’autres pas : mon avis, ma «morale», ne
vaudrait donc pas universellement. Elle ne vaudrait que pour moi, et
encore, qu’à un moment donné sans être sûr que mon jugement soit
identique dans le temps ou que mon expérience aie été faussée. Elle
n’est qu’une somme d’opinion fondée sur une somme d’expérience, jamais
assurée. Fonder la morale sur l’expérience c’est donc s’en remettre «à
chacun sa morale», au relativisme de l’expérience et du propre
jugement. Autant dire qu’elle n’est pas une règle, qu’elle n’est pas
une morale – devenant un ensemble de «convictions» figées qui finirait
par briser l’homme souple qui s’y réfèrerait aussi spontanément que
l’homme moral avec ses préjugés.
Celui qui fonderait la morale
en ne se reportant plus aux idées reçues, mais sur des convictions
fondées sur sa maigre expérience, serait un homme vide bien plus que
véritable. Sans idées reçues, il n’en a plus du tout. Sans préjugés, il
est prisonnier de son propre jugement et ses opinions ne valent pas un
clou.
Il semble finalement bien impossible de refonder la morale
– ce qu’il faut faire, penser ou croire – sur ce que nous indique la
seule expérience, puisque celle-là dépend toujours du sujet qui la vit.
Bien plutôt que de s’en libérer pour refonder son «art de vivre», la
raison sans préjugé reste fâcheusement prisonnière de l’expérience,
dont elle ne parvient pas à s’échapper pour prescrire de «bonnes»
pratiques : sans préjugés, la raison n’est donc plus qu’une somme d’opinions tout aussi vaines, lesquelles ne sont même plus assurées comme eux d’être partagées.
IV.
A
moins donc d’abdiquer l’ensemble des pratiques à l’arbitraire humain,
nous voilà dans une position bien délicate : d’un côté la morale
(l’ensemble des idées reçues sur ce qu’il faut faire, penser ou croire)
s’autorisant du seul passé n’a pas de légitimité intellectuelle. De
l’autre l’expérience seule, bien qu’indubitable, est impuissante à nous
renseigner sur ce que nous devons faire, penser ou croire. Fonder la
morale sur l’expérience c’est saper toute possibilité de morale ; s’en
tenir strictement aux préjugés c’est imposer une contrainte
insoutenable à l’entendement.
La morale existe,
mais cela ne signifie pas qu’elle soit légitime comme nous l’avons
expliqué. Ca n’est pas parce qu’«une chose existe, donc qu’elle a des
droits» car on conclurait sinon de la simple «capacité d’existence… à
la légitimité». La tentation de l’homme souple pourrait alors être
l’inverse : de s’en remettre exclusivement à l’opinion plutôt que de
s’en remettre instinctivement à ce qui existe, aux idées reçues.
«L’esprit libre» – ou l’homme véritable – ajoute Nietzsche «succombe
fréquemment à la tentation de faire les déductions contraires qui,
naturellement, sont en général tout aussi paralogiques : une chose [ou
une opinion] ne peut pas s’imposer, donc elle est bonne.»
Pour un philosophe – l’homme véritable qui ne s’en remet ni aux préjugés, ni à l’opinion
– il s’agit de ne récuser la morale ni au motif qu’elle est illégitime,
ni qu’il désire en être la parfaite exception. Il ne s’agit pas pour
lui de se gargariser d’aller contre son temps pour affirmer – même si
l’envie peut le prendre – que la conscience morale est «stupide». Car
ce serait là la juger par préjugé. Ce qui est stupide c’est le jugement
hâtif, auquel on s’adonnerait soi-même en condamnant d’entrée toute
morale. Or l’homme véritable ne doit-il pas se targuer de ne pas juger
«automatiquement» ce qui se donne à lui, comme le fait la conscience
morale, avant de l’avoir examiné par la réflexion ? La morale est de
ces objets premiers qu’il faut à la raison examiner pour commencer.
Récuser la morale au nom de l’exception pour le philosophe ce serait autrement «presque un point d’interrogation sur son droit à la philosophie. Précisément parce qu’il est l’exception il se doit de préserver la règle»
plutôt que de la nier. Le philosophe, cet homme véritable, doit être
l’exception qui confirme la règle, car si cette règle n’est pas la
sienne – il ne s’y réfère lui, conscience de soi, peut-être pas
spontanément – elle a des droits : ceux du bon sens. Le philosophe, en
comprenant la morale de son temps, ne l’accepte peut-être pas, mais la
respecte à défaut de pouvoir la récuser illégitimement. Ce qu’il lui
faut d’abord c’est examiner les mœurs de son siècle, les prendre comme
point d’appui : la morale est à la religion ? Examinons ça. Laissons la
raison en douter, et voyons jusqu’où cela tient. N’est-ce pas
ainsi que Kant lui-même se donna pour but dans sa première critique de
«limiter la raison pour faire une place à la foi», comme si le
philosophe devait dissiper, et pourtant refonder, la morale ?
Certes le philosophe doit penser seul, mais dans son temps. Pour les philosophes, les mœurs de son siècle doivent être leur aiguillon de la vérité car «c’est précisément en disséquant les vertus de leur temps,
qu’ils trahirent leur propre secret : ils agissaient ainsi pour
connaître une nouvelle grandeur de l’homme, pour découvrir un chemin
non frayé vers son agrandissement.» C’est au travers de la morale qu’il se joue quelque chose du caractère
d’une nation, d’un peuple, d’un groupe – qu’il n’a peut-être pas. Il
doit la comprendre, non pour s’en faire une vulgaire opinion et pour y
déroger, mais pour refonder une morale d’après cette «nouvelle
grandeur» qui apparaît à la raison. Le but du philosophe est bien plus
de refonder la morale de son temps par la réflexion que simplement d’y
déroger par son action, ou son jugement.
Lorsqu’il
aura refondé la morale, non sur l’opinion, non sur l’expérience, mais
uniquement sur la raison, alors, et seulement alors, cette grandeur il
pourra l’incarner lui-même par ses actions. Son caractère pourra
déroger à la morale, tout en la respectant, car il en sera de sa nature
– une nature qu’il saura pouvoir transmettre par la raison, plutôt que
par l’opinion. Le produit du philosophe, sa morale, il la tire de sa
raison, non de son expérience : c’est son idée qu’il peut partager –
pas son jugement. Et s’il vit d’après elle alors rien en lui ne sera
alors impersonnel car «sa morale témoigne rigoureusement de ce qu’il est, car elle révèle les plus profonds instincts de sa nature.»
Mais
il devra alors vivre seul, contre son temps : et comme la vie de Kant
ou de Nietzsche peuvent nous paraître bien terne en effet d’avoir vécu
seuls contre leur temps de leur morale ! C’est à ce prix que se paye la
vanité de l’homme véritable qui se pique alors contradiction avec son
temps.
L’homme véritable est donc celui dont le jugement est vérité
qui, bien loin d’être ce souple heureux qui nous semblait au début, vit
bien plus souvent durement et tristement que le bêta pétri de la morale
de son temps : «bienheureux les pauvres d’esprit», qu’il ne peut
pourtant pas récuser. Il sent que la réalité n’est pas l’idéal, et
pourtant il doit y vivre – dans son temps, avec sa morale. Ca n’est
qu’à la condition d’accepter la morale puis au refus d’y déroger par
pure vanité ; qu’en s’assignant «pour tâche, une tâche rude,
involontaire, inéluctable, mais grande, d’être la mauvaise conscience
de son temps» que le philosophe peut alors espérer être à la mesure de cet homme véritable.
18 janvier 2009
Une longue absence
Deux yeux emplis de tristesse,
Il faut que j'analyse,
Quelle est cette détresse,
Qui me paralyse ?
Jamais je n'ai ressenti ça,
Elle m'apportait sa féerie,
Cela influait sur ma vie ;
Mais ses complexes étaient là...
J'étais lié à elle par amour,
Je crois que ça l'est encore,
Je sais que je l'aime comme au premier jour,
Cette passion me rend plus fort…
Je comprends pourquoi j'ai souffert,
Pourquoi ça m'a fait mal,
Elle est mon besoin vital,
Sans elle je ne serais plus sur Terre…
Nous sommes inséparables,
Notre relation est invincible,
Certes nous sommes libres,
Mais c'est ensemble que nos cœurs vibrent.
Je lui ai donné mon cœur,
Elle en a fait de même.
Et en exposant nos problèmes,
Ce sont nos corps qui ont pris la douleur !
Je ne sais décrire ce que je ressens,
C'est comme s'il y avait une lame,
Qui transpercerait mon âme,
Et me viderait peu à peu de mon sang…
Ne me laisse pas trop vivre en solitaire,
Sans toi mon esprit est débonnaire,
C'est de toi dont j'ai besoin,
Et ça je le crie du soir au matin…
J'attends que tu comprennes mieux,
Mais je te fais un aveu,
Aurai-je assez de patience,
Pour supporter une longue absence ?
J'ai une réponse pour ce défi,
Et c'est tout simplement « oui »,
Alors promets-moi de revenir,
Afin que je puisse tenir…





