On oublie le dernier rêve ; on se remémore toujours le premier amour.

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07 mars 2009

Humanisme du petit vendredi

Fin de semaine, jour de repos, le temps pour l'agglomérat de molécules que je suis de lever un tantinet la tête du guidon d'un vélo avec lequel plus on pédale moins vite, moins on avance plus vite !

Quelle drôle d'époque vivons-nous...

La crise est là, mais elle ne fait que débuter, et le pire est devant nous assurément, et pour plusieurs longs mois, voire années. Un système économique se casse la figure, montre en direct toute l'étendue de ses limites et de ses dégâts collatéraux et aucune alternative sérieuse et réaliste ne se construit en face, tous les partis politiques étant bien trop préoccupés par les prochaines échéances électorales (il n'y a qu'à observer la réaction des cumulards de mandats sur la mission Balladur...ou quand l'intérêt individuel reprend le pas sur l'intérêt général).

La France, les Français, ou pour être précis la très grande majorité (car il reste et se développe encore une part de niches de riches, de plus en plus riches), sont désabusés, désorientés, au bord de l'asphyxie, en train de crever la bouche ouverte.

On sait à quoi le désarroi peut conduire, notamment en l'absence d'alternative crédible à la politique menée aujourd'hui et face à l'absolutisme d'un président de la république devenu monarque autocratique.

Envoyer des balles et des lettres de menace de mort à des ministres n'est pas ce qu'il y a de plus intelligent à faire, il faut en convenir, mais cela manifeste aussi, d'une manière peu habile certes, une exaspération que ressentent beaucoup de nos concitoyens, exaspération qu'ils gardent en eux...au moins pour le moment.

Plus que jamais il faut associer l'ensemble des citoyens de notre pays à la réflexion sur les "remèdes" pour tirer notre civilisation de ces sables mouvants dans lesquels elle s'enlise, au risque de disparaître définitivement; car il ne s'agit pas seulement de la société française mais bien d'un problème majeur de civilisation bâtie sur une idéologie destructrice, dont on voit les effets aujourd'hui.

Aussi, la prise de conscience doit être humaniste avant d'être politisée, les clivages entre les partis politiques et les querelles doivent un temps cesser (nous savons si bien donner des leçons aux autres pays lorsqu'ils sont confrontés à une guerre civile...appliquons-nous les!) et laisser place à un grand débat national associant la société civile avec comme enjeu de repenser les fondements de notre civilisation.

Le temps presse, soyons enfin dignes de notre statut d'homo sapiens sapiens, montrons à nos enfants qu'ensemble il est encore possible de faire changer l'ordre des choses.

André Malraux disait ceci : L'humanisme, ce n'est pas dire : "Ce que j'ai fait, aucun animal ne l'aurait fait", c'est dire : "Nous avons refusé ce que voulait en nous la bête."

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