11 février 2009
L'Australie meurtrie par les incendies
Ayons une pensée de fraternité et de solidarité pour nos amis australiens (my second country) où les éléments naturels qui sont habituellement les alliés des hommes (le feu a depuis toujours été utilisé, de façon maîtrisée, par les Aborigènes pour regénérer la nature) sont devenus des "ennemis" à combattre.
Ne perdons pas de vue que l'urbanisation galopante, notamment dans le Victoria, fait que ces accidents de la nature provoquent des drames humains, mais n'oublions pas que l'homme est le premier destructeur de son environnement, de sa faune et de sa flore.
Ces incendies sont un drame sur des aspects matériels et humains mais font partie de l'histoire de l'Australie, depuis l'origine des temps, et la végétation a besoin de cela pour renaître et se perpétuer, c'est pour cela que l'eucalyptus est particulièrement adapté au feu (même s'il brûle très vite, il ne meurt pas, il bénéficie du feu pour entamer un nouveau cycle...les Aborigènes l'ont compris depuis 60000 ans...)
Les feux de brousse qui ravagent le Sud-Est de l'Australie en proie à un été caniculaire ont tué plus de 180 personnes au cours des derniers jours, le bilan d'incendies le plus lourd dans l'histoire du pays.
La chaleur, la sécheresse et les vents violents alimentent ces foyers concentrés essentiellement au nord de Melbourne.
Jusqu'ici, le pire bilan des incendies en Australie remontait à 1983, quand 75 personnes avaient trouvé la mort lors du "mercredi des cendres".
"Nous ramassons des corps à mesure que nous avançons", a expliqué un porte-parole des forces de l'ordre à Reuters.
Le gouvernement a placé l'armée en état d'alerte et a constitué des fonds d'urgence pour venir en aide aux sinistrés, ce qui ne l'empêche pas de faire face à la grogne des écologistes qui réclament davantage d'engagement dans la lutte contre le réchauffement climatique.
Par milliers, les pompiers sont mobilisés depuis vendredi pour affronter ces feux de brousse qui se sont déclarés dans les Etats de Victoria et de Nouvelle-Galles-du-Sud, dans le sud-est densément peuplé du pays.
Des témoins ont parlé de flammes hautes comme quatre étages se propageant à la vitesse d'un train express.
"C'est comme une balle de fusil", a déclaré Darren Webb-Johnson, qui habite la petite ville rurale de Kinglake.
"La station-service a explosé, puis le restaurant de l'autre côté, puis les citernes à gauche, à droite, au centre. Quatre vingt pour cent de la ville a été rasée par les flammes", a-t-il dit à la chaîne Sky TV.
L'ENFER ET SA FUREUR
La plupart des victimes ont été rattrapées par les flammes alors qu'elles tentaient de fuir en voiture. Des images montrant la petite ville de Marysville totalement rasée ont été diffusées par la chaîne de télévision ABC.
"L'enfer et sa fureur se sont invités chez le bon peuple de Victoria", a lancé le Premier ministre Kevin Rudd, en visite dans une zone sinistrée. "La nation est en deuil à vos côtés."
Selon les pompiers, 640 habitations ont été détruites ces dernières heures dans l'Etat de Victoria, dont la majeure partie dans des zones périurbaines et rurales à 80 km au nord de Melbourne.
Les feux de forêt n'ont rien d'exceptionnel pendant l'été en Australie, mais, cette année, la sécheresse et un soleil de plomb leur donnent une ampleur particulière.
Samedi, la température a atteint 46,4 degrés Celsius à Melbourne, un record, et le mercure dans le quartier de Laverton, dans l'ouest de la ville, a grimpé jusqu'à 47,9°C.
"Cela rappelle douloureusement la nécessité pour ce pays et pour le monde d'agir et de faire de la lutte contre le changement climatique une priorité", a fait valoir le sénateur Bob Brown, chef de file des Verts, qui juge insuffisant le programme de lutte contre les émissions de gaz à effet de serre dévoilé récemment par Canberra.
Tous les décès confirmés ou supposés se sont produits samedi. Douze ont été recensés dans les environs de Kinglake, zone pour le moment la plus touchée.
A Wandong, à une cinquantaine de kilomètres au nord de Melbourne, un rescapé a dit avoir vu le cadavre d'un ami dans la buanderie de sa maison sinistrée.
Trois mille hectares de parc national avaient été réduits en cendres samedi par le principal foyer de l'Etat de Victoria. Lorsque le vent a tourné, quelques heures ont suffi pour multiplier la surface incendiée par dix.
Au dernier point, fourni par la chaîne ABC, les feux couvraient dimanche 2.000 km2 et menaçaient encore plusieurs localités.
"Ces incendies ne sont pas terminés, ils vont durer plusieurs jours", a prévenu le Premier ministre de l'Etat de Victoria, John Brumby. Il a souligné que 26 foyers n'étaient toujours pas maîtrisés à l'heure où il parlait.
26 décembre 2008
Les Aborigènes d'Australie
Il y a plus de 500 peuples aborigènes distincts en Australie,
généralement divisés en clans, chacun ayant sa propre langue et son
propre territoire. L'invasion qu'ils ont subi depuis la fin du XVIIIe
siècle a eu des conséquences catastrophiques.
Comment vivent-ils ?
La terre est absolument cruciale pour les peuples aborigènes, elle est
au centre de leur vie matérielle et spirituelle. Avant l'invasion de
l'Australie, la plupart des Aborigènes étaient établis le long des
côtes, en communautés semi-sédentaires qui vivaient d'agriculture, de
pêche et d'élevage. Les Aborigènes établis à l'intérieur des terres,
dans le bush et le désert, vivaient de chasse et de cueillette,
pratiquant une technique de brûlis du sous-sol pour encourager la
pousse des plantes préférées du gibier qu'ils chassaient. Ils
possédaient des techniques très évoluées pour trouver de l'eau.
Aujourd'hui, plus de la moitié des Aborigènes vivent en ville, très
souvent dans les périphéries, dans des conditions effroyables. Beaucoup
d'autres travaillent comme ouvriers agricoles dans des ranchs installés
sur les terres dont ils ont été spoliés. Nombreux sont ceux qui,
particulièrement dans la moitié nord du continent, ont réussi à rester
sur leurs terres en continuant à pratiquer la chasse et la cueillette
dans le bush.
À quels problèmes sont-ils confrontés ?
Depuis l'invasion britannique de l'Australie, les Aborigènes ont subi
la spoliation et la destruction de leurs terres. Jusqu'à 1992, la loi
britannique puis australienne concernant la terre était fondée sur le
principe de ‘terra nullius', c'est-à-dire que le pays était considéré
comme vide avant l'arrivée des Britanniques et, n'appartenant donc à
personne, il pouvait être légitimement conquis. La majorité des terres
doivent encore être restituées aux Aborigènes pour qui leur perte a eu
un effet dévastateur sur le plan social et démographique. Des milliers
de personnes ont succombé à des vagues d'épidémies lors des premières
invasions et beaucoup d'autres furent massacrés. Moins d'un siècle
après la première invasion de l'Australie, la population aborigène,
qu'on estimait alors à près d'un million, était tombée à 60 000. Puis
pendant la majeure partie du XXe siècle, les massacres généralisés ont
laissé place à une politique officielle consistant à retirer les
enfants aborigènes à leurs parents et à les placer dans des familles
blanches ou dans des institutions missionnaires dans le but d'effacer
toute trace de la culture et de la langue aborigènes. Aujourd'hui
encore, les Aborigènes sont toujours confrontés au racisme et à la
violence, et beaucoup d'entre eux vivent dans des conditions
matérielles déplorables. Conséquence directe de cette situation, leur
taux de mortalité infantile et de suicide sont très supérieurs au reste
de la population tandis que leur espérance de vie est beaucoup moins
grande. Ils constituent également une portion anormalement élevée de la
population carcérale. Bien que le principe raciste de ‘terra nullius'
fut définitivement annulé par un jugement marquant en 1992, le
gouvernement utilise tous les moyens pour faire obstruction aux
revendications territoriales des Aborigènes. Malgré les obstacles
placés sur leur chemin, certains peuples comme les Martu, en Australie
occidentale, ont réussi à obtenir des titres de propriété sur leur
terre.
08 décembre 2008
Détour par l'Australie
Démarrer un billet sur l'Australie n'est pas une tâche aisée, surtout si on veut rester objectif, ce qui va être dur dans mon cas, compte tenu de l'attrait que j'ai pour ce pays que j'appelle "mon second pays".
Par où commencer...
Imaginez une nation grande 14 fois comme la France, peuplée de seulement 21 millions d'habitants qui vivent sur moins de 10% du territoire! Voilà une 1ère image forte, non?
Réfléchissez au fait que cette terre, baptisée pourtant Terra Nullius par les colons anglais en 1788, est habitée par une des plus vieilles civilisations de la Terre encore existante, les peuples Aborigènes, présents depuis au moins 60000 ans, et que ceux-ci n'ont obtenu la nationalité australienne qu'en 1967 et en sont encore aujourd'hui à se battre pour reconquérir leurs terres.
Arrêtez-vous sur le fait que les premiers peuplements "blancs", de la fin du XVIIIème siècle jusqu'au début du XXème étaient constitués de "convicts", c'est-à-dire de prisonniers que les prisons anglaises ne pouvaient plus contenir et que la colonie américaine ne pouvait pas accueillir, ayant acquis entretemps son indépendance.
Gardez à l'esprit qu'il existe plus d'espèces animales potentiellement léthales en Australie que nulle part ailleurs au monde, du serpent taïpan au requin blanc, de l'araignée à dos rouge aux méduses "box jelly fish", des crocodiles d'eau de mer ("salties") à l'anodin coquillage en forme de cône capable de vous tuer en peu de temps.
Mais surtout fermez les yeux et rêvez, rêvez au soleil omni-présent, à l'accueil inégalable des Australiens, à leur joie de vivre, leur humour, leur auto-dérision, leurs excentricités, rêvez aux paysages grandioses qui, pour certains, n'ont même pas encore été visités par des touristes.
Rouvrez les yeux, la nuit, couché sur le dos et admirez la voûte étoilée de l'hémisphère sud, avec la Croix du Sud (qui figure sur le drapeau Australien) et ses millions d'étoiles qui créent une image absolument sublime, inconnue ailleurs.
Eblouissez-vous devant les plantes et les animaux endémiques, vestiges du Gondwana et préservés (quoi que menacés) parce qu'étant sur une île.
Plongez sur la Grande Barrière de Corail et vous ne verrez plus jamais un aquarium, aussi superbe soit-il, sans le trouver un peu "fade".
Nagez aux côtés de l'immense requin baleine près de Ningaloo Reef, inoffensif mais imposant, impressionnant, majestueux.
Goûtez à la très élaborée cuisine Australienne, faite des métissages de cultures du monde entier suite aux vagues migratoires de l'après guerre, bien loin de l'image d'Epinal sur la cuisine anglaise.
Accompagnez vos repas, avec modération, d'un vin gorgé de soleil, capiteux, gouleyant à souhait, peu cher et partagez le BBQ (barbecue) traditionnel et favori des Australiens.
Enfin, si vous le pouvez, immergez-vous dans une communauté Aborigène vivant selon ses coutumes ancestrales, vous constaterez leurs prodigieux pouvoirs spirituels et mentaux, très en avance sur nos civilisations que l'on qualifie pourtant "d'avancées et de modernes". Ce peuple qui vit au rythme du Temps du Rêve, massacré par les colons pendant de nombreuses décennies, est une leçon permanente d'Humanité, de Spiritualité, de Sagesse et d'Adaptation à des conditions dans lesquelles nous ne résisterions pas plus d'un jour.
Voilà, quelques aperçus rapides sur ce pays merveilleux, j'aurai surement l'occasion de m'épancher encore sur le "Down Under", les Aussies, et tous les charmes de cet endroit du monde.
Just have a Captain Cook, mates!










