08 mai 2009
Et la mer et l'amour ont l'amer pour partage
Et la mer et l'amour ont l'amer pour partage,
Et la mer est amère, et l'amour est amer,
L'on s'abîme en l'amour aussi bien qu'en la mer,
Car la mer et l'amour ne sont point sans orage.
Celui qui craint les eaux qu'il demeure au rivage,
Celui qui craint les maux qu'on souffre pour aimer,
Qu'il ne se laisse pas à l'amour enflammer,
Et tous deux ils seront sans hasard de naufrage.
La mère de l'amour eut la mer pour berceau,
Le feu sort de l'amour, sa mère sort de l'eau,
Mais l'eau contre ce feu ne peut fournir des armes.
Si l'eau pouvait éteindre un brasier amoureux,
Ton amour qui me brûle est si fort douloureux,
Que j'eusse éteint son feu de la mer de mes larmes.
22 avril 2009
Vingt-six lettres...
Vingt-six lettres,
Pour nous aimer...
A vec passion, de
B aisers délice en
C aresses frisson,
D e mots velours pour
E nrober nos nuits, de
F rôlements de peau
G ravant sur nos corps l'
H istoire de notre amour...
I vresse de nos sens,
J outes charnelles,
K aléidoscope de nos envies
L ibertines et brûlantes,
M ille et une
N uits au firmament,
O uvrant les portes du
P aradis au ciel de notre lit...
Q uand la lune ambrée
R envoie une ombre soyeuse
S ur nos corps enroulés,
T oi, mon bonheur, mon
U nique, mon ultime,
V iens recevoir l'offrande, des
W agons de tendresse dans les bras, un
X érès enivrant sur les lèvres, dans tes
Y eux d'océan me désirant, un
Z este de volupté !
05 avril 2009
Zoé...
"Soyons reconnaissants aux personnes qui nous donnent du bonheur ;
elles sont les charmants jardiniers par qui nos âmes sont fleuries."
disait Proust.
Je te dédie cette phrase ma chère Zoé...
28 février 2009
Lettre à ...
Parce qu’on va me porter un croque-monsieur bien grillé et un deuxième verre de rosé que les hirondelles en folie dans le ciel crient comme des petites filles en Italie qu’on a oublié de coucher que ton corps au coin de la rue a disparu, que je ne te vois plus, vite sur cette nappe en papier je veux devant Dieu écrire que je t’aime en espérant que ça te sera de quelque secours pour la suite immédiate de tes jours, c’est quoi ce bonheur, qui me dira d’où vient un moment aussi grandiose loin de toi, sans toi, et même pas pour toi, finalement, si je ne te le disais pas, ce soir je t’aime de ne pas être là et de me permettre de ressentir tout ça précisément parce que tu n’es pas là, quand tu es là je ne sais pas pourquoi je ne suis pas pas entièrement, pas totalement moi comme en cet instant où je SAIS que je t’aime, où je l’écris, où j’en suis SÛR que faire de ces moments de pur amour quand ils sont là quand tout est là, sauf toi ?
Des gars qui ne te connaissent même pas passent avec leurs amoureuses devant le café, si ils te connaissaient, si ils savaient, comment ! mais comment peut-on ici-bas aimer une autre que toi ! Il n’y a d’ailleurs rien à faire, rien à vouloir pour toi, des êtres comme toi, il est nul de leur dire à tout bout de champ qu’on les aime, ils SONT simplement, ils sont, il faut – que ne ferais-je pas ! – ne faire que recueillir ces putains de traces qu’ils laissent derrière eux magnifiquement comme s’ils n’allaient jamais mourir…
Certitude absolue ce soir que tout ce qui, des signes de ta présence sur cette terre, n’est pas vu, pas récolté par mes yeux, est perdu pour les siècles des siècles, voici mon verre de rosé qui approche, ô mon amour, en l’honneur de ton incroyable, inénarrable réalité.
25 février 2009
Il faut aussi rêver sa révolution, pas seulement la construire.
Nul besoin d'être, à l'instar de Claude Allègre, un spécialiste de la tectonique des plaques pour prédire ce qui va arriver à notre brave France dans quelques mois...
45000 chômeurs de plus en décembre, 90000 en janvier, surement autant, voire plus en février, et ce n'est que le début, foi d'un acteur de l'emploi...
Les branches professionnelles, à quelques très rares exceptions, nous annoncent le début du pire à compter de mars 2009, avec une flambée des plans sociaux et des licenciements économiques, et en conséquence directe, une hausse brutale du chômage (la hausse de janvier étant déjà conséquente, je vous laisse imaginer toute la signification du mot "brutale").
Ce soir, au JT de France 2, Mme Christine Lagarde nous a fait le coup de Georges Marchais...le journaliste me pose des questions précises, je n'y réponds pas mais j'apporte d'autres réponses à des questions non posées...surréaliste!
Pendant ce temps, notre Président Zébulon continue à chouchouter ses amis, comme si la France avait besoin de népotisme en plus de la crise économique.
Donc pour revenir à la tectonique des plaques, chacun sent bien que le sol commence à frémir sous nos pieds, que le grondement s'intensifie et qu'avec le pire qui est devant nous, il ne pourra que gagner en intensité.
France 2 diffusait en début de semaine un téléfilm sur la tentative de fuite de Louis XVI à Varenne, j'espère que notre Président Zébulon a regardé attentivement sa télé ce soir-là et qu'il a fait le plein de son avion Air Force Nain et/ou du yacht de son ami Bolloré car, à n'en guère douter, il est de plus en plus probable que le tremblement de terre qui va secouer la France dans quelques mois risque de l'ensevelir sous un déluge de lave et de nuées ardentes.
Lui qui se croit César finira Pompéi.
Un premier amour (Isabelle Aubret)
Un premier amour, premier amour, premier amour
Ne s'oublie jamais, s'oublie jamais, s'oublie jamais
Un premier amour on le cherche toujours
Dans d'autres amours toute sa vie on court après
Il nous a troublé et fait rêver, et fait trembler
Ce premier amour, premier amour, premier amour
Mais l'enfant qu'on est, l'enfant qu'on est resté
Frémira toujours au souvenir de cet amour
Et toi, et toi que j'aimais
Qu'as-tu fait de toi ?
Qu'as-tu fait sans moi ?
Et moi, moi qui t'ai perdu, qu'ai-je fait de plus ?
Qu'ai-je fait de tant de bonheur ?
Savions-nous d'ailleurs
Qu'un premier amour, premier amour, premier amour
Ne s'oublie jamais, s'oublie jamais, s'oublie jamais
Qu'un premier amour on le cherche toujours ?
Dans d'autres amours toute sa vie on court après
De tous ces baisers qu'on s'est volé plus que donné
Ces gestes innocents nous engageaient pour si longtemps
Non, les enfants d'alors que nous étions encore
N'ont pas soupçonné tant ils étaient émerveillés
Qu'un premier amour, leur premier amour, était si fort
24 février 2009
Rencontres sur Internet : l'amour en révolution
Phénomène en pleine explosion, les rencontres en ligne révèlent la difficulté contemporaine à trouver l'âme sœur. Elles font également franchir un pas à la mise à distance du corps, caractéristique de nos sociétés contemporaines. Derrière ses aspects ludiques, ce nouveau marivaudage pose en outre une question fondamentale : qu'est-ce qu'une relation ?
Match.com, Meetic, Netclub, Amoureux.com..., les sites de rencontres (SDR) sur Internet et autres plates-formes de discussion en ligne sont un véritable phénomène de société, rassemblant d'ores et déjà des millions de singles cherchant l'âme sœur, mais aussi des aventures. Comment, en quelques années, Internet est-il devenu un véritable eldorado pour toutes ces personnes en quête d'amour ? Quels sont les codes qui régissent la rencontre en ligne, et que nous apprennent-ils sur ce qu'est une relation aujourd'hui ?
Pour répondre à ces questions, nous avons mené une enquête (par questionnaires et entretiens) auprès d'utilisateurs de ces sites. Il faut néanmoins rappeler, au préalable, que les rencontres « à distance » ne sont pas nées avec Internet, mais s'inscrivent dans un contexte plus ancien et plus général de crise de la rencontre.
Le célibat, phénomène de société
La fin des années 1990 et le tournant des siècles ont confirmé une double révolution dans les sociétés occidentales : d'une part, le nombre toujours croissant de célibataires, deux fois plus nombreux qu'il y a trente ans (actuellement 12 millions environ en France). Ces singles ? selon l'expression désormais consacrée ? ont accédé à une étonnante visibilité médiatique et éditoriale, comme en témoigne le phénomène Bridget Jones. D'autre part, Internet a formidablement réussi sa pénétration sociale pour inventer des usages et des possibles inattendus, et toucher toutes les sphères de la société, de l'économie aux loisirs, de la culture à la pédagogie.
Il semblait donc logique que les célibataires investissent la formidable technologie sociale que constitue Internet pour y créer de nouvelles manières de se rencontrer. Car le nombre toujours croissant de célibataires traduit et trahit d'abord une difficulté contemporaine à rencontrer l'âme sœur, même si beaucoup de facteurs disparates et complexes ont contribué à la lente évolution du couple traditionnel.
Urbanisation, émancipation politique, économique et sexuelle de la femme, pression des discours médiatiques, tragique apparition du sida..., depuis la fin des années 1950, les couples et la manière de vivre l'amour s'étaient déjà trouvés bouleversés à plusieurs reprises, avant l'arrivée des nouveaux outils de communication : le Minitel d'abord, le téléphone portable ensuite, Internet enfin. Depuis, la montée en puissance du « contrôle social » (d'origine nord-américaine) des relations a encore complexifié les processus classiques de séduction (la « drague macho » du latin lover est décrite et décriée comme pratique rétrograde, primaire, insultante). Et ce parfois jusqu'à la juridicisation, avec la banalisation de la notion de harcèlement (moral et sexuel).
Parallèlement à cette « glaciation » des rapports, les singles ont vu depuis quelques années les spécialistes du marché de l'édition et des loisirs, les scénaristes de cinéma et de télévision, les publicitaires et les thérapeutes s'intéresser à eux, avec un empressement proportionnellement égal à la manne qu'ils représentent. A la fin des années 1990, les conditions étaient réunies pour que la « greffe numérique » prenne. Car la Toile doit s'envisager avant tout comme une gigantesque machine à produire des contacts, à tisser des liens, à générer des relations. L'ordinateur produit désormais des aventures et des histoires d'amour, et les couples Internet se comptent déjà par milliers.
De nouveaux modes de rencontre
Si pendant longtemps on s'est marié en obéissant à des logiques de classes et de communautés, on privilégie aujourd'hui l'épanouissement personnel et professionnel, et des expériences relationnelles et amoureuses plurielles. Avant même la formation du couple, la première difficulté aujourd'hui, pour le célibataire, c'est donc celle de la rencontre. Pour pallier cette crise, les agences matrimoniales ont longtemps rempli une fonction sociale aussi discrète qu'efficace. Mais dès les années 1960, d'autres modes de rencontre ont parallèlement gagné leurs lettres de noblesse. Moins impliquantes que les agences, moins onéreuses, préservant un confortable anonymat, les petites annonces (PA) ont fleuri dans les journaux et magazines à mesure que le célibat montait en puissance. Le Chasseur français, Le Nouvel Observateur, Libération (et ses chéri(e)s) : ces trois institutions de la presse française, visant deux grands lectorats, qui, des villes et des champs, poursuivaient la même quête de l'âme soeur, ont contribué à ériger les PA en genre à part entière, devenu un rendez-vous incontournable des célibataires, et un baromètre sociologique, aussi.
Il y eut ensuite, dans les années 1980, le Minitel (rose, entre autres), sulfureux, controversé, qui fut néanmoins une formidable expérimentation sociale, quinze ans avant le boom d'Internet.
Le Net, une révolution sociale et relationnelle
Mais depuis la fin des années 1990, Internet, les SDR et les forums de discussions métamorphosent les stratégies de séduction. La révolution est déjà quantitative, tant le Net a connu un engouement incroyable pour interconnecter des millions de personnes cherchant quelqu'un à aimer, et surtout constituer une incroyable internationale du célibat. Match.com, Meetic, Netclub, Amoureux.com, tels sont quelques-uns de ces SDR qui ont connu un essor incroyable, cotés en Bourse pour certains.
Sur les SDR, chacun devient son propre « cyberagent matrimonial ». Un pseudo, une fiche de présentation, un court texte résumant la personnalité et la quête, une photo éventuellement, et voici le (ou la) célibataire prêt(e) à entrer dans le grand bal masqué du Net sentimental. Ensuite, on s'écrit des messages dans les boîtes aux lettres électroniques (la relation est alors asynchrone) ou on chatte en direct sur les plates-formes de discussion (chatting forums). Chronophage, la pratique est si absorbante que de nombreuses web-singles souffrent de Net-addiction, illustrant à l'envi ce que certains spécialistes décrivent comme la tyrannie du branchement (Dominique Wolton) ou l'obsession du lien.
Révolution sociale et amoureuse, Internet constitue une révolution relationnelle, aussi, tant les timides peuvent oser là ce qu'ils ne se permettraient pas dans la vraie vie. Sur le Net, ils sont affranchis du regard d'autrui et libérés de la pesanteur de ces corps dont ils ne savaient que faire avant.
Désormais protégés par l'écran, l'anonymat du pseudo et l'absence des corps, bien loin des lieux de représentation sociale, les singles peuvent se permettre toutes les audaces. Orgueil, timidité et quant-à-soi se trouvent évincés d'un coup de clic, irrémédiablement relégués au rang de scories relationnelles d'avant le « cyberworld ». Quitte à voir se généraliser le zapping relationnel et l'industrialisation de la drague. Car on passe des un(e)s aux autres sans justification ni explication, et le jeu des lettres en « copier-coller » permet de contacter des dizaines de personnes en même temps.
Dès les pages d'accueil, les SDR proposent des modes de recherches très performants, accompagnés de listes d'amis, d'indésirables (black lists) et de coups de coeur. Ce faisceau de facteurs entérine un nouvel âge relationnel, caractérisé par un réalisme et un pragmatisme qui tendent à évincer le danger, l'erreur, les errements. Et la logique sentimentale qui s'impose est ostensiblement consumériste : réduction des risques de toutes sortes, catégorisation des termes de la quête, tentative de mise en adéquation entre ses aspirations et les contours très (et souvent trop) précis du partenaire idéal, et du couple rêvé. Avec, souvent, cette illusion que l'on sélectionne au mieux celui (ou celle) à aimer, en fonction de multiples critères physiques, sociaux et moraux : il faut en fait avoir les bonnes croix dans les bonnes cases. On peut à bon droit parler de marketing amoureux.
Mais le contexte numérique est aussi le premier qui voit des inconnus devenir intimes, tomber amoureux virtuellement, se séduire sans se connaître, reconfigurant (si l'on peut dire) le statut social et philosophique de la relation.
Auparavant, la relation (a fortiori amoureuse) se fondait sur la rencontre des corps, en première lecture (voir la thématique romantique du coup de foudre illustrée par Phèdre devant le bel Hippolyte). Et c'est alors que tout commençait. La Toile permet de faire les choses à l'envers, puisqu'on se découvre de l'intérieur.
Hommes et femmes, des attentes différentes
Le Net sentimental des SDR se fonde sur une série d'asymétries fondatrices. Parlant d'amour, une différence radicale oppose les hommes et les femmes quant aux attentes, source dès lors de bien des malentendus et d'autant de désillusions. La plupart des abonnées sont là car elles souhaitent une rencontre sérieuse, voire la rencontre qui changera leur vie. La thématique du prince charmant est omniprésente, et on trouve sur les SDR un suremploi féminin des majuscules absolutisant l'amour et les valeurs afférentes.
« Le public féminin a tendance à magnifier ses rencontres virtuelles. Ces femmes dissocient le sentiment amoureux du désir sexuel, et construisent l'image d'un autre proche d'un rêve qu'elles ont en elles. Le Net peut être un excellent moyen de fuir le corps.» Sur les SDR, les hommes, par contre, sont nombreux à rechercher des aventures rapides qui, éventuellement, déboucheront sur l'amour. Car presque toujours sont dissociés pour eux le sexe et la flamme. Et Internet est accessoirement devenu le premier vecteur des adultères numériques.
Télédrague, marivaudage et libertinage en ligne ont plus que jamais le vent en poupe, grâce aux SDR. Quelques décennies après les balbutiements du Minitel rose, voici revenue la mode de la sexualité orale, c'est-à-dire parlée. Ce nouvel érotisme se fonde sur l'échange épistolaire (puis rapidement téléphonique) de fantasmes entre des abonnés ayant déjà noué une relation virtuelle intime.
Plus qu'un épiphénomène, cette télésexualité ressortit encore à cette mise à distance généralisée, et à ce contrôle total que le (et surtout la) célibataire postmoderne souhaite exercer dans l'absolu. Car il est très sécurisant de maîtriser le désir d'autrui et de jouer ? voire de jouir ? de ce contrôle. Et ils sont nombreux à évoquer la toute-puissance découlant de la gestion de dizaines de relations amoureuses virtuelles menées simultanément.
Internet, lien social et lien amoureux
La Toile et son expansion actuelle produisent des effets sociaux et relationnels considérables. Mais avant tout, le Réseau pose des questions sociologiques d'importance. Car Internet, ni plus ni moins, renouvelle les notions de lien social et de relation, obligeant à les penser autrement.
Qu'est-ce qu'une relation ? Plus seulement un face-à-face, mais des liens qui peuvent outrepasser la présence et le visage, pour trouver leur origine ailleurs, avant ceux-ci, pour exister sans eux. Les critères classiques et millénaires de définition de la relation ont bel et bien été bouleversés par l'irruption d'Internet.
Depuis quinze ans environ, les (N)TIC posent avec acuité une vraie question épistémologique, oeuvrant surtout à une révolution copernicienne puisque l'on assiste à un changement de perspective. La première des révolutions d'Internet réside en effet dans ce décentrement et cette désincarnation des rapports sociaux, qui continuent pour autant à s'engendrer, quoi qu'en pensent les contempteurs du Net. Or, les célibataires sont les premiers bénéficiaires de cette « métamorphose du social ». Ils la vivent intensément, avec des risques et des délices nouveaux liés aux spécificités du Web.
Internet est peut-être une nouvelle forme de ce que Gregory Bateson appelait une « structure qui relie ». Il s'agit d'une matrice sociale qui, à l'instar des rites ou des fêtes, génère du lien, et contribue à engendrer et produire la société dans l'épaisseur insondable et la profondeur intangible de ses arcanes. Les technologies sociales d'une société hyperindividualiste produisent paradoxalement les conditions d'une nouvelle « connectivité », agrégeant des « solitudes collectives » (D. Wolton).
Gustave Flaubert affirmait que « ce ne sont pas les perles qui font le collier, mais le fil ». Des célibataires au Net, et des perles au collier, finalement, la métaphore est limpide. Ils sont désormais peu de chose les uns sans les autres. Perles et fil de longue date, singles et Web très récemment. Signe des temps, assurément...
Pascal Lardellier (Sciences Humaines.com)
20 février 2009
J'ai perdu tout le temps que j'ai passé sans t'aimer...
Mon ange,
Tout a commencé sur internet...Nos premiers propos badins ont très vite
laissé place à une complicité en laquelle sommeillait une force que
nous sentions inconsciemment présente mais qui mit plusieurs semaines
avant de s'affirmer.
Un jour, enfin, cette évidence s'afficha simultanément dans les mots
que nous nous écrivions à travers deux modestes claviers, une connexion
internet et deux téléphones portables. Oui, il était là, présent, fort,
immense, comme un soleil dont la lumière était plus éclatante que tout
ce qu'un être humain peut imaginer, il était là, l'Amour, le vrai,
l'unique, celui d'une vie et pas celui d'une nuit, celui de deux coeurs
et deux âmes qui se rejoignaient dans la plus pure complémentarité pour
ne former qu'UN.
Chacun venait de trouver la moitié qu'il lui manquait pour être une personne complète et épanouie.
Une gare, une plage, deux lieux qui marquèrent le début de la vraie
aventure, celle qui prend attache dans le concret, avec le contact
charnel, les corps qui se rencontrent et se parlent, les lèvres qui
conjuguent le verbe aimer, les mains qui se cherchent, les coeurs en
pleine éclosion, surs d'eux et de la force de leur contenu.
Les mois qui suivirent furent merveilleux! O comme j'aimerais employer
un mot plus fort car merveilleux me paraît si banal pour décrire ce que
nous avons vécu. Même des moments comme la venue du printemps, le
sourire d'un enfant, une rose épanouie, un parfum doux et léger, en
comparaison de notre Amour, tout cela était bien fade.
L'Amour souvent, soit de façon définitive, soit de façon temporaire, apporte de la souffrance.
Nous n'avions commis aucun acte grave à a part de nous aimer, mais
notre amour était atypique, parce que tu es à l'aube de ta vie de
femme, âge transitoire entre l'adolescence et l'âge adulte, et que moi
je suis déjà au mitan de ma vie.
Jamais cet aspect ne nous a gêné, ni toi ni moi, ni même celles et ceux
que nous croisions lors de nos baguenaudages fréquents, ce qui
d'ailleurs nous rassurait même si nous savions que notre Amour avait
l'envergure suffisante pour passer outre si cela avait été le cas.
Mais pour d'autres, autour de toi, il n'en fut pas de même, et la
machine infernale se mit en route pour détruire en une soirée ce que
nous avions mis presque deux années à commencer à construire.
Depuis ton Amour s'est, pour l'instant, transformé en Haine, la mission
de celles et ceux qui ont voulu nous séparer, pour des raisons liées à
une approche purement morale, a été accomplie avec succès, et depuis 9
mois je ne vis pas une seconde sans penser à toi, à nous, à nos
promesses de ne jamais nous perdre, d'être ensemble pour la vie, de
construire une famille et des projets que tu sais possibles et que tu
sais qu'ils seraient réalisés.
Mon Amour, tel un albatros maladroit lorsqu'il essaie de prendre son
envol, regarde et écoute mon coeur qui tente de s'arracher à la
pesanteur et qui n'aspire qu'à une seule chose : te retrouver.
Je ne peux et ne veux penser à ta place, mais j'ai le sentiment, en
écoutant ce que disent mon âme et mon coeur, que pour toi aussi nous
sommes redevenus des êtres imparfaits et incomplets, parce que notre
autre moitié n'est plus là.
Tu fais partie de moi, c'est comme cela, quels que seront tes choix
dans la vie, et je pense, peut-être à tort mais je ne le crois pas,
qu'il en va aussi ainsi pour toi mon ange.
Je te demande pardon pour tout, je mets mon âme et mon coeur à nu
devant toi, comme je l'ai toujours fait, parce qu'ils sont à toi, pour
toujours.
Tu m'as appris ce qu'Aimer signifie, ce que Bonheur contient comme force et puissance, ce que c'est d'être un homme complet.
Redevenir UN, avec toi, voilà ce tout mon être attendra, peut-être en
vain, mais avec l'espoir des fous, tel l'alchimiste en quête de la
Pierre Philosophale, mais avec une différence notable : c'est que toi
tu existes réellement, je le sais, je t'ai serrée, embrassée et aimée.
Eternité est l'anagramme d'étreinte.
Je t'ai Aimée, je t'Aime et je t'Aimerai pour toujours ma fée.
12 février 2009
Mes divagations de l'âme...
La
vie, étrange,surprenante, douce et amère à la fois, temple sacré avant
de devenir une tombe non entretenue, éclairs de lumière intermittents
dans l'immensité du vide sidéral, des jalons, des moments précis, des
souvenirs, des regrets, un présent, un avenir, peut-être,
comment,pourquoi, où, avec qui...des questions et peu de réponses.
L'automne
et sa panoplie de pluie, de feuilles mortes, de derniers rayons de
soleil encore un peu doux vient de faire son apparition en
Bretagne,comme inéluctable, effrayant et rassurant à la fois, car en
même temps annonciateur de jours plus courts que de promesses de jours
meilleurs dans quelques mois, où la nature reprendra ses droits, où la
Terre résonnera du chant des oiseaux, où l'oeil émerveillé contemplera
les premiers bourgeons sur les arbres, les premières fleurs qui
entameront une vie courte mais si précieuse pour chaque être vivant.
Que nous réserveront les jours, les semaines et les mois à venir?
Impossible de le dire, mais a-t-on réellement envie de connaître notre
avenir? C'est le paradoxe de l'être humain, partagé entre sa soif de
maîtriser son destin, et sa farouche volonté de se dire qu'il n'est pas
prédestiné et qu'il peut encore avoir une influence sur le cours de la
vie.
Des promesses, des regards, des murmures, des caresses, des
'pour toujours', 'mon amour', 'tu es l'homme de ma vie', 'jamais tu ne
me perdras'...des mots prononcés dans la ferveur de sentiments que l'on
croit éternels et qui ne durent que le temps de l'éphémère.
Vivre
d'aimer, aimer de vivre, écrire, téléphoner, hurler, chanter, s'abîmer
en l'autre, s'abandonner du plus profond de son âme, tout quitter, tout
lâcher pour aller au devant d'une nouvelle vie avec la personne qui est
et restera l'Amour de notre vie... et rêver.
Rêver, plaisir ou
sagesse des fous, rêver d'un impossible, rêver que la montagne peut
devenir plaine et que le ciel peut être peint en rose, rêver que la
tolérance, le respect et la compréhension s'allient à la parole
donnée,à la vertu des promesses tenues, aux obstacles surmontés...oui,
rêver qu'une autre voie existe, hors des carcans judéo-chrétiens, des
préjugés et des a priori, rêver que le coeur n'oublie pas ce qu'il a
connu et vécu d'intense, rêver de sa première fois, en tout, du 1er cri
quand nous naissons, jusqu'au 1er sentiment que la mort monte
l'escalier et va bientôt frapper à la porte, rêver de cette première
fois où le regard de l'autre nous a montré que nous existions enfin,que
la vie était réelle, au moins pour cet instant précis, rêver de cette
nuit où l'autre se donne à vous pour sa première fois, rêver que tout
cela est indélébile dans l'un et l'autre coeur, et permettra à nouveau
de rêver à deux, un jour...est-ce un rêve que de rêver à deux?
S'aimer soi-même pour aimer les autres, est-ce peut-être là qu'est la clé de la vie et de l'amour?
Le
jour où tu te seras apprivoisée, où tu t'accepteras telle que tu es, où
tu croiras en toi et en moi, où tu comprendras enfin qu'il y a des
sentiments, qu'ils soient exprimés ou non, bien plus forts que la
morale des bien-pensants, bien plus puissants que ce que l'on a pris
pour une trahison qui n'en a jamais été une, qu'il n'y a pas une vérité
mais des vérités, que les faits sont plus parlants que les 'on dit',les
preuves d'amour bien plus efficaces que les a priori et autres
préjugés, alors ce jour-là tu prendras cette clé et viendras réouvrir
mon coeur, pour que la vie le fasse battre au rythme du bonheur, avec
le tempo de l'impossible enfin surmonté et la partition de la chanson
de 'l'avenir devant nous' à composer.
Est-ce
rêver que d'attendre toute une vie ce moment-là? Est-ce vivre que de
rêver cet instant précis où la Terre se remettra à tourner, où les
montagnes seront devenues plaines et le ciel aura été peint en rose?
Chaque
instant qui passe apporte sa poussière qui recouvre tout, mais nourrit
également l'espoir du souffle d'air salvateur qui balaiera les
incompréhensions et les peurs, et permettra à deux coeurs et à deux
âmes de se réunir à nouveau en une seule et unique entité que l'on
appelle le Bonheur.
J'ai
confiance, je te connais, je sais comment nos deux coeurs sont gravés à
jamais de cet Amour hors norme, je suis sur qu'un jour (puisse-t-il
être le plus proche possible) ce que tu essaies d'enfouir et d'oublier
rejaillira comme un immense geyser.
Regarde au fond de toi, ma perle, combien de fois je t'ai dit toute la beauté que j'y ai vue, toute la profondeur de ton être, de ton âme, ta pureté, regarde bien, tes sentiments sont là, pas très loin, ils entrent en résonnance avec ce qui est au fond de moi, à jamais, car je t'ai Aimée,je t'Aime et je t'Aimerai comme personne ne le fera, et ce que tu m'as apporté me fait dire que la réciproque est vraie.
On perd plus d'énergie et de temps en se battant contre soi-même, contre ses pensées, contre son coeur et en se forçant à croire en LA 'raison' ou au 'raisonnable', surtout quand il est fortement suggéré par son entourage. S'il n'y avait eu que des gens 'raisonnables' avant nous,nous en serions encore à mourir à 30 ans, aucune invention n'aurait vu le jour, etc. Sans parler que cela ne fait que créer un tapis de remords et de regrets. Je préfère, vois-tu, un tapis de roses, doux,moelleux, où nous nous dirons tout ce qui nous a 'choqués' et où, ENFIN, une fois levées les incompréhensions, nous continuerons à bâtir notre Palais Royal, serti de bijoux faits avec des larmes de bonheur,des pépites issues de tes yeux, des câlins que même les plus heureux des Princes n'oseraient imaginer.
Une main tendue ne se coupe pas, surtout quand elle est là pour apporter l'amour que les doigts sentent à leur portée.
Celui qui ne rêve plus, celui qui n'a plus ce grain de folie, celui-ci est un esprit mort, juste une enveloppe charnelle sans aucune substance à l'intérieur.
11 février 2009
Quand les années se seront écoulées...
Tiens, elle pourrait rêver sa vie, cette idée n'est pas mauvaise après tout. Alors un instant elle ferme les yeux. Juste un instant, se dit-elle, juste pour penser un plus profondément mais pas trop. Pas trop longtemps car elle pourrait se prendre au jeu. Pas trop longtemps car elle risquerait d'aller trop loin, dans les toboggans de sa pensée, là où elle n'a plus envie d'aller...
Trop tard.
Une bourrasque d'images la soulève. L'odeur de ses souvenirs lui transperce les narines. La lumière l'éclabousse, l'éblouit, elle chancelle, elle lutte, elle tombe, elle ne veut pas, elle gémit, son coeur bat, bat, bat, frappe, tonne...
Elle se souvient.
Elle avait rêvé sa vie un jour, il y a longtemps...
Non, non, elle ne voulait pas se rappeler.
Elle sent quelque chose de mouillé sur sa joue, dans son cou, dans ses cheveux même, emmêlés comme ils le sont.
Qu'est-ce que c'est?
Des larmes.
Cela faisait si longtemps.
C'est là devant elle.
Qu'est ce que c'est tenace les souvenirs...Une vraie vermine. On croit les mettre dans des boîtes. On pense cacher les boîtes au grenier. On est sur que les araignées viendront tisser leur toile et cadenasser l'entrée.
Et puis un jour la boîte nous explose à la figure. Et les araignées s'enfuient et on s'aperçoit qu'à l'intérieur tout est intact, comme au premier jour.
Elle avait 16 ans en 2008.
Et oui, déjà toutes ces années passées. Elle regarde ses mains sans bague, ses paumes froissées parcourues de sillons profonds.
Elle avait cru pouvoir tenir sa vie entre ses mains, à l'époque.
Elle rassemble ses bras, les enroule sur sa jolie poitrine qui aurait tant aimé donner un jour à boire à un enfant.
Elle avait seize ans et ne se trouvait pas belle. Elle pensait que la vie allait lui sourire, à l'image des deux dernières années qui lui avaient été offertes. Mais elle regrettait de ne plus être amoureuse. C'est vrai, les autres l'étaient, pourquoi pas elle?
Les gens disaient : "comment se fait-il que tu n'aies plus d'amoureux?"
Avec une moue elle répondait :"Oh vous savez, l'Homme que j'aimais plus que tout, l'Homme de ma vie, m'avait caché certaines choses de sa vie. Puis il y avait la différence d'âge entre nous et tous ces discours autour de moi qui répétaient sans cesse que "ça n'était pas possible, pas acceptable, pas concevable, pas normal, etc." Alors j'ai fait ce que l'on m'a dit de faire, je l'ai haï parce que j'étais persuadée avoir été trahie, j'ai tenté de l'oublier, de mettre la plus grande distance entre lui et moi, je me suis convaincue à l'époque que c'était la seule solution. Surtout ne pas pardonner, ne pas essayer de comprendre, non rien de tout ça, juste sauvegarder mon amour propre, ne pas me fier à mon coeur mais avaler comme paroles d'Evangile tous les mots que mon entourage me dispensaient au quotidien, en m'entourant avec autant de prévenance que si j'étais atteinte d'une maladie incurable. En y réfléchissant c'était surement le cas d'ailleurs, pusique j'étais follement amoureuse, mais j'avais tellement peur qu'en continuant à développer mon amour avec cet homme, je perde l'amour de mes parents, mes ami(e)s, que je sois la pestiférée et la honte de mon île où les ragots vont si bon train...Oui j'étais arrivée à me convaincre de toutes ces inepties..."
Certains avaient applaudi des deux mains : "bravo, tu as fait le bon choix, tu te rends compte, vivre avec un homme de 44 ans, allons c'était perdu d'avance, ma petite!". D'autres, au contraire, l'esprit un peu plus ouvert, disaient : "certes, c'est un amour hors normes, mais doit-on toujours respecter les normes quand les sentiments sont si forts et qu'il n'y a pas d'infraction aux lois? Est-il préférable de fermer les yeux sur l'hypocrisie ambiante, où maris et femmes cultivent, parfois pendant des années, une vie parallèle avec maîtresses ou amants plutôt que de hurler parce que deux personnes s'aiment d'un amour sans pareil?"
Oh elle savait bien qu'il avait tout plaqué pour elle : son boulot, ses amis, sa région, et elle avait même su qu'il avait une famille qu'il avait quittée pour venir la rejoindre. C'est cela qu'elle avait vécu comme une trahison au lieu d'y voir,comme elle le voyait enfin aujourd'hui, une preuve supplémentaire et réelle de son amour pour elle.
Elle en avait vu autour d'elle depuis des gens qui, à l'époque, lui avaient donné tant de leçons de morale, avoir une vie ensuite très éloignée des conseils qu'ils lui avaient alors prodigués. C'est bizarre la vie, la faculté qu'ont certaines personnes à penser à notre place, à nous dire ce qui est "bon ou bien" pour nous, et être incapables de leur côté de s'appliquer ces préceptes!
Des ami(e)s qui avaient eu maîtresse ou amant tout en étant mariés, qui avient promis de quitter leur conjoint pour venir vivre avec celui ou celle qui en fait ne servait que de "distraction occasionnelle", elle en avait rencontrés et côtoyés certains depuis cette époque.
L'Homme qu'elle avait tant aimé était allé lui au bout de la démarche, il n'avait pas mangé de ce pain-là, pas joué l'hypocrisie, il avait tout lâché pour venir bâtir sa vie avec elle. Elle en avait toujours été consciente mais comme, à cette période, elle n'était pas sure d'elle, qu'elle était influençable, qu'elle ne s'acceptait pas, elle avait fait la sourde oreille aux sirènes de son coeur et préféré se réfugier dans le "confort" apparent de la vie routinière dans laquelle on lui demandait de se couler.
Couler...c'était bien le mot, en effet. Qu'avait été sa vie depuis? Des hommes, oui, elle en avait connus, elle avait même construit sa vie avec un, seulement au bout de dix ans il était parti avec une fille plus jeune de 20 ans...Et jamais, tout au long de ses années, elle n'avait pu effacer l'image, l'odeur, les sentiments, la passion de ce premier amour, tout simplement parce qu'elle savait depuis toujours, inconsciemment, que c'était LUI, l'Homme de sa vie, et qu'elle avait tout gâché.
Elle arrête de se bercer. Les larmes recommencent à couler. Elles trouvent immédiatement leur chemin dans le creux des rides de son visage. On pourrait croire que ce sont elles qui les ont creusées. Ses yeux marron regardent le coucher du soleil, le coucher de sa vie.
Elle avait 16 ans en 2008, et elle avait vécu des moments magiques avec cet Homme, pourquoi avait-elle été si naïve pour tout arrêter, tout envoyer en l'air en l'espace d'une soirée?
Le froid l'envahissait, la couverture n'arrivait pas à la réchauffer, seules ses larmes lui procuraient un peu de tiédeur, et elle imaginait ses mains posées sur elle, c'était cela la vraie vie et pas celle qu'elle avait eu.
Si elle avait 16 ans aujourd'hui, elle saurait quoi faire pour ne pas laisser fuir le bonheur quand elle le tenait à pleines mains.



